Des verreries à la révolution

Installés vers 1668 en Belgique, les Dorlodot ont fondé l’une des premières verreries du pays. Un esprit d’entreprise que les plus jeunes de cette grande famille tentent de raviver.

fondé l’une des premières verreries du pays. Un esprit

d’entreprise que les plus jeunes de cette grande

famille tentent de raviver.

Ils sont venus de France : depuis le milieu du xve siècle, on trouve trace de la  » tribu  » de Dorlodot dans l’Hexagone. Vers 1670, sans doute à la suite d’un privilège accordé par Louis XIV – certains artisans recevaient, en guise de royal remerciement, le droit d’exercer leur métier dans une aire géographique qui leur était exclusivement réservée -, l’un d’entre eux passe la frontière et s’installe en Belgique. François de Dorlodot, le fondateur de la branche belge de la famille, pose ses valises à Lodelinsart, où il épouse Anne-Michèle de Condé. L’union de ces deux grandes familles est à l’origine de la création d’une des premières verreries de Belgique. La passion sera tenace : pendant près de 200 ans, les Dorlodot vont s’illustrer dans la région comme maîtres verriers.

La concurrence fait plier la famille

L’un des descendants de François de Dorlodot, Léopold, alors à la tête d’une des deux plus importantes verreries du Centre, sera une figure importante de la Révolution belge, en 1830. Rassemblant ses ouvriers, il prend la tête des troupes de volontaires carolos, accourus de toute la région pour défendre Bruxelles contre les assauts du prince d’Orange. Drôle de destin pour ce jeune homme de bonne famille, à peine âgé de 25 ans, que celui de révolutionnaire ! Cette première contribution au bien social de la région ne restera pas sans suite : Léopold de Dorlodot deviendra, plus tard, bourgmestre de Lodelinsart.

A sa mort, le  » révolutionnaire grassouillet « , comme se plaisent à le nommer ses descendants, laisse un fils, Marcellin, qui, comme son père, s’illustrera dans la politique régionale. Il sera commissaire d’arrondissement à Charleroi. En ce milieu de xixe siècle, la révolution industrielle bat son plein. Faute de moyens pour concurrencer les grandes entreprises mécanisées, la famille de Dorlodot se sépare de ses verreries.

Depuis lors, le destin des Dorlodot n’a plus été lié à celui de l’industrie du verre. Après Marcellin, son fils Léopold, géologue ingénieur des mines et attaché au musée de l’Afrique de Tervuren, s’est occupé du relevé des frontières du Bas-Congo belge. Il est décédé à 52 ans, alors que son fils, Léopold – actuel pater familias et fils aîné de la huitième génération de la branche belge des Dorlodot – n’avait que 10 ans.

Comme son père, Léopold de Dorlodot est ingénieur civil des mines. Il a travaillé au Charbonnage de Mariemont Bascoup, à Morlanwelz, dont les activités ont cessé en 1961, puis il a dirigé, jusqu’à sa fermeture en 1969, le lavoir à charbon de Péronnes-lez-Binche. Aujourd’hui en passe d’être transformé en centre d’affaires, l’ancien lavoir a été repeint par une entreprise basée à Chapelle-lez-Herlaimont, DeCube. Comme D3, les initiales de… Damien de Dorlodot, le fils cadet de Léopold.

Lorsque le lavoir de Péronnes-lez-Binche ferme ses portes, les Dorlodot quittent le Hainaut et viennent s’installer à Braine-le-Château. Mais même s’ils ne vivent plus dans la région du Centre, ils restent attachés à leurs terres d’origine. Une ruelle porte encore leur nom à Lodelinsart, là où se trouvaient, jadis, les fabriques de verre. Et, à l’inverse, depuis que la plupart des enfants de Léopold de Dorlodot se sont installés du côté de Braine-le-Château, il règne là-bas un certain esprit hennuyer.

S. M.

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