Des trésors à Bruxelles

Olivier Rogeau
Olivier Rogeau Journaliste au Vif

La Belgique possède une belle collection d’objets antiques mésopotamiens, mais leur présentation, au Cinquantenaire, est indigne d’un grand musée européen

Les musées de Paris (le Louvre), de Londres (British Museum), de Berlin (Pergamon), de New York et d’Istanbul sont incontestablement les plus riches en vestiges sumériens, akkadiens, assyriens ou babyloniens. Les Musées royaux d’art et d’histoire (MRAH), à Bruxelles, n’ont pas de pièces de très grandes dimensions – taureaux ailés, stèles de basalte… – mais disposent néanmoins d’une collection d’objets antiques mésopotamiens fort enviée et qui illustre toutes les grandes périodes.

L’époque d’Ourouk (ive millénaire) est celle des premières cités et de l’invention de la céramique. Grâce à l’irrigation, l’agriculture se développe et la population s’accroît. Les idoles en pierre présentées au musée datent de cette période, où l’on voit aussi apparaître des sceaux qui traduisent les besoins en communication avant l’apparition de l’écriture. La plupart des objets exposés sont la contrepartie d’une aide belge aux fouilles britanniques effectuées sur le site de Tell Brak.

Avec les Sumériens, qui s’établissent dans le sud de la Mésopotamie vers 3200-2800, apparaissent les grandes cités et l’écriture cunéiforme. Le musée possède l’une des plus belles collections de tablettes d’argile et de sceaux-cylindres. A côté des têtes de statuettes sumériennes, on découvre des bijoux de tombes royales de la première dynastie d’Our (vers 2500), offerts par l’université de Pennsylvanie en remerciement d’un appui financier. Plus loin, l’époque akkadienne (2350-2150), période d’expansionnisme, et l’ancien empire assyrien (1800-1375), installé en Mésopotamie du nord. Les visiteurs peuvent encore admirer des figures votives babyloniennes (1750-1595), de la céramique kassite (1595-1156) ou encore un bas-relief assyrien mis au jour à Nimroud et acquis il y a bien longtemps sur le marché des antiquités…

La présentation des pièces n’est pas à la hauteur de la collection. Les objets sont exposés dans des vitrines des années 1960, l’éclairage vétuste est partiellement hors service et les salles ne répondent pas aux critères muséographiques actuels.  » L’Etat a promis, pour 2006, une intervention pour rénover les lieux, explique Eric Gubel, chef du département Antiquité. Mais nous voulons déjà apporter des améliorations. Dès le 1er mai, les salles seront fermées au public et vidées. Nous y présenterons, en octobre, une exposition temporaire sur Pompéi. Certains éléments réalisés pour cet événement seront récupérés et permettront de proposer une sélection des plus beaux objets de l’Antiquité mésopotamienne et perse.  » O.R.

Olivier Rogeau

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