Des repas de toutes les couleurs

La Région de Bruxelles-Capitale lance une étude sur l’alimentation de ses habitants et leurs conséquences cardio-vasculaires. Son originalité? Belges, Turcs, Marocains et Congolais donneront leurs menus

Ils sont 1 000, habitent Bruxelles-Ville, Saint-Josse, Schaerbeek ou Ixelles et ils ont entre 40 et 60 ans. Des diététiciennes viendront les voir à domicile et leur demanderont de répondre à une série de questions concernant essentiellement leur alimentation et leurs comportements alimentaires. Ils bénéficieront également de divers examens médicaux. L’ensemble de ces mesures visera spécifiquement 4 ethnies : Congolais, Marocains, Turcs et Belges vont ainsi livrer le détail de leurs repas et de leur état de santé. L’intérêt d’une telle recherche, dans Bruxelles transformée en grande cuisine mondiale? Tirer des leçons entre un facteur comportemental comme l’alimentation et les maladies cardio-vasculaires, qui représentent la première cause de mortalité et de morbidité dans le monde.

On sait que l’impact du mode de nutrition sur l’état de santé est considérable. « Des données scientifiques solides démontrent qu’une alimentation bien sélectionnée et équilibrée protège contre le développement de nombreuses maladies (inflammatoires, cardio-vasculaires, cancers), rappelle le Pr Yvon Carpentier, nutritionniste et professeur à l’ULB. En revanche, de mauvaises habitudes en augmentent sensiblement les risques. »

Pour la première fois, donc, on pourra établir un état des lieux précis des habitudes alimentaires des populations de différentes origines vivant en région bruxelloise. L’analyse des informations servira ensuite à établir des recommandations appropriées et basées sur des données scientifiques. Ainsi, une stratégie de prévention efficace sera envisagée.

« Une telle étude (1) permettra également d’étudier les mécanismes liant certains modes de nutrition et le développement de lésions vasculaires, ainsi que les mesures pour la prévention et la régression de l’athérosclérose », précise le Pr Carpentier. Ce projet devrait aussi servir de base à l’élaboration d’un programme à plus large échelle, impliquant d’autres institutions belges et étrangères. Un premier pas pour montrer qu’autour d’une table nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, y compris en médecine.

P.G., (1)Avec le concours du Centre de recherches et de traitement des maladies cardio-vasculaires

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