" C'est la toute première photo que j'ai prise de Blieke et Nicole, le soir où je déambulais dans le camping. A mes yeux, c'est la plus belle photo d'eux deux. Cela a été un instant de grâce qui témoigne de la grande tendresse qu'il y avait entre eux. "

Des coeurs simples

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Hernie & Plume, le nouveau livre de la photographe et plasticienne belge Katherine Longly, se découvre comme une histoire touchante qui renvoie tout un chacun à ses préjugés.

 » A la base de mes projets, il y a souvent une question anthropologique : comment les campeurs gèrent-ils la proximité avec leurs pairs (la série Vivons cachés) ? Pourquoi certains Chinois préfèrent-ils habiter une fausse avenue parisienne plutôt qu’une ruelle étroite dans un hutong traditionnel ( Abroad is too far) ? Qu’est-ce qui pousse des hommes et des femmes à ingurgiter d’énormes quantités de nourriture alors que cela fait violence à leurs corps ( Rotten Potato) ? « . Voilà ce que souligne Katherine Longly (40 ans) en guise de préambule à Hernie & Plume.

 » J’ai été séduite par leur intérieur à la fois désordonné et chaleureux. On y trouve des objets totalement improbables. Je ne voulais rien révéler d’eux qui ne leur plaise pas : toutes les images que j’ai prises leur ont été soumises pour approbation. « 

Son dernier livre en date n’échappe pas à cette logique de compréhension du monde dans lequel nous vivons.  » Cette fois, c’est la question de la mobilité sociale qui a retenu mon attention, pointe-t-elle. Comment passe-t-on d’un milieu à un autre ? Comment s’approprie-t-on les codes d’un monde que l’on ne connaît pas ?  » Tout commence un soir de décembre, alors que Katherine Longly arpente un camping de la périphérie bruxelloise. Munie d’un format carré Hasselblad, elle photographie les décorations de Noël.  » Un homme est sorti de son chalet et m’a demandé ce que je faisais là. Je me suis confondue en excuses, et il a poursuivi : « Viens plutôt à l’intérieur boire une bière avec nous ». Nous sommes devenus amis, c’était en 2013. Blieke et Nicole m’ont ensuite invitée à une série de fêtes loufoques, et m’ont raconté quelques épisodes de leur étonnante trajectoire de vie « , explique l’intéressée. Sept ans plus tard, Longly dévoile en images le parcours et un peu de l’intimité de ce couple bruxellois attachant.  » Le récit de leur histoire joue avec les stéréotypes que l’on projette immanquablement sur l’autre et nous confronte aussi à notre possible étroitesse d’esprit. Au fil de la lecture, différents faits criminels sont évoqués. Quelle est l’implication du couple dans ces événements ? Sont-ils des déclinaisons bruxelloises de Bonnie et Clyde ? A partir d’archives personnelles qu’ils m’ont confiées, le lecteur pourra, par petites touches successives, interroger ses propres préjugés et découvrir la véritable histoire de Blieke et Nicole, qu’ils partagent avec une sincérité et une générosité déconcertantes « , confie la plasticienne.

 » Le projet n’a pas seulement consisté à photographier le couple. Ils m’ont lit-téralement ouvert leur histoire en me montrant tous leurs albums photos. C’est l’une des rares images de leurs archives où on les voit ensemble. D’habitude, c’est Blieke qui photographiait Nicole et vice versa. « 

Hernie & Plume, par Katherine Longly, éd. The Eriskay Connection, 88 p.

 » Souvent Blieke et Nicole me disaient : « tu as encore raté une de ces fêtes. » Je leur ai alors donné des appareils jetables pour que je puisse découvrir les images de ces moments magiques. Je voulais également qu’ils participent au projet, qu’ils ne soient pas juste photographiés. « 
 » Il y a deux parties au livre. La première relate les fêtes épiques et la vie sociale de Blieke et Nicole. La seconde parle du temps qui passe, des amis qui sont moins nombreux… mais également de la tendresse qui pallie tout. « 
 » Cette photo a été prise lors des 70 ans de Blieke. On peut remarquer la taille disproportionnée de la table par rapport à l’espace dans lequel ils vivent. Elle est à la mesure de l’importance qu’ils accordent à la fête et à la convivialité. « 

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