Des chiffres et des mots

Quelques réformes institutionnelles  » apéritives  » et un budget 2008 en équilibre : un menu  » light « .

R éformes institutionnelles. L’accord sur une réforme de l’Etat, engrangé au sein du  » Comité des sages « , porte sur un nombre limité de compétences. Il s’agit donc d’une  » première phase « , laquelle devra être suivie, cet été, d’une série d’autres décisions, plus substantielles. C’est, du moins, ainsi que les partis flamands présentent les choses. Au menu des décisions : la régionalisation d’une partie de la sécurité routière et le refinancement – trop chiche, jugent les responsables politiques bruxellois – de la

Région de Bruxelles-Capitale. Au rayon sécurité routière : les limites de vitesse seront régionalisées, sauf pour les autoroutes. La Flandre pourrait ainsi imposer les 70 km/h sur tout son territoire (hors agglomération), et ce sans que le moindre panneau doive venir rappeler la chose. La Wallonie pourrait suivre. La plupart des infractions au Code de la route, passant sous le régime des amendes administratives, tombent, également, dans l’escarcelle régionale. Ainsi que le Fonds de la sécurité routière, alimenté par les amendes payées pour les infractions de niveau 1 et 2. En ce qui concerne le refinancement de Bruxelles : 65 millions d’euros supplémentaires lui seront accordés pour lui permettre de faire face à ses lourdes obligations de capitale belge et européenne. Une paille au regard des besoins réels, jugent les responsables politiques bruxellois.

Budget 2008. Le budget de l’Etat devrait, théoriquement, se boucler en équilibre à la fin de cette année. Pour ce faire, les grands argentiers tablent sur des recettes fiscales revues à la hausse, sur la création de 60 000 emplois, sur des pertes limitées pour les caisses de l’Etat (notamment par une plus grande vigilance contre la fraude fiscale) et sur la vente de certains bâtiments (des mesures  » one-shot « , c’est-à-dire non récurrentes, contre lesquelles les sociaux-chrétiens ont ferraillé durant les deux législatures passées). Bref, l’équilibre tant espéré repose sur plus de 1 milliard d’euros de recettes incertaines… Au rang des mesures décidées pour doper quelque peu le pouvoir d’achat, relevons : une diminution de l’impôt sur les bas et les moyens salaires, la réduction des charges professionnelles, l’élargissement du fonds mazout, un petit coup de pouce pour les personnes disposant de faibles revenus qui se chauffent au gaz et à l’électricité, l’augmentation des petites pensions et l’introduction d’un  » supplément d’âge  » dans le calcul des allocations familiales. En revanche, le coût des titres-service – victimes de leur succès – sera un peu augmenté, les producteurs d’électricité devront passer à la caisse, tandis que le système des intérêts notionnels, jugé injuste par les socialistes, car il favorise fiscalement les entreprises, sera maintenu. Au total – qui l’eût cru ? – chacun des 5 partis chargés de boucler le budget de l’Etat s’y retrouve. Rien que de très habituel. Ce qui est moins anodin, en revanche, c’est que le Fonds de vieillissement, censé permettre de faire face à l’explosion du coût des pensions à partir de 2010, n’est plus alimenté depuis belle lurette…

I. Ph.

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