Coup de fatigue

Si l’on excepte Charleroi, secteur immobilier traditionnellement hyperactif, les deux autres arrondissements de la province ont connu de fortes baisses d’activité. Mais les différents segments de logements ne suivent pas forcément les mêmes courbes.

Figés dans l’imagerie populaire comme une valeur sûre et immuable de la société, les notaires ont aussi une… boutique à faire tourner. Et quand les vaches de l’immobilier sont maigres, il n’y a pas que les agences qui trinquent. En Wallonie picarde, par exemple, Me Yves Van Roy évoque une baisse des transactions estimée entre 15 et 25 % pour 2009.  » Dans toutes les études, il y a eu un manque à gagner assez énorme, et cela provient de l’immobilier. Certaines études ont donc dû se séparer de collaborateurs. « 

2009 ? Moins terrible qu’annoncé

Le prix moyen d’une villa, à Mouscron, tournerait ainsi autour de 250 000 euros. D’après Yves Van Roy, responsable de l’étude annuelle publiée début février, une commune comme Frasnes se serait particulièrement bien comportée en 2009.  » J’ai été assez étonné de voir que les prix ont encore augmenté dans ce coin-là : la proximité de l’autoroute reste véritablement un facteur de bonne santé immobilière. A contrario, j’ai remarqué qu’Estaimpuis avait fort baissé, ce qui s’explique notamment par la forte diminution du nombre de Français qui viennent s’y installer. « 

En pénétrant plus avant dans les terres wallonnes, on se rend compte que Charleroi et son arrondissement n’ont somme toute pas si mal performé, les notaires locaux se fendant d’un ironisant  » Fin 2008, les prévisions étaient plus que pessimistes. Les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances… En effet, l’année 2009 fut beaucoup moins terrible qu’annoncé, voyant plutôt une légère reprise des transactions « .

Le second semestre de l’année aurait été plutôt prolifique avec une hausse des transactions de 16 %. De sa qualité de gros vendeur – le plus important, en pièces, du réseau Century 21-, Michel Geneau (C21 Bureau Geneau à Charleroi) confirme. Avec une nuance tout de même.  » Mon chiffre a baissé de 7 %. A Charleroi, il s’est passé la chose suivante : les biens aux prix surfaits se sont accumulés, s’ajoutant au roulement déjà important connu sur le marché. L’offre a dépassé la demande : il y a deux ou trois ans, il y avait trois acheteurs pour un bien, maintenant, il y a trois biens pour un acheteur. Cela dit, les prix obtenus restent stables, même si les acheteurs font systématiquement des offres plus basses que le prix escompté. « 

Les terrains à bâtir ne faiblissent pas

A cet égard, les notaires de l’arrondissement rappellent qu’une maison jointive classique part toujours facilement autour de 110 000 euros, tandis qu’au-delà de la barre des 200 000 euros les biens ont plus de mal à s’écouler. Comme partout ailleurs, les  » gros biens  » ont été à la peine en 2009. La demande pour les appartements, quant à elle, resterait stable.

Du côté de Mons, les notaires locaux ont eux aussi marqué une diminution des transactions de l’ordre de 15 à 25 %. Mais comme à Charleroi, la demande pour de petites maisons serait toujours importante (on parle de prix entre 80 000 et 100 000 euros) tandis que les terrains à bâtir ne faiblissent pas.

G.V.

« certaines étudesont dû se séparer decollaborateurs »

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