Contrôle des chômeurs

Dans son éditorial du 20 mai, portant sur le contrôle des chômeurs, Le Vif/ L’Express écrivait que la plate-forme  » stopchasseauxchomeurs. be  » donnait du projet Vandenbroucke, une  » interprétation tronquée « . Au nom de cette organisation, Felipe Van Keirsbilck nous adresse le courrier suivant que nous publions bien volontiers :

Lorsque nous disons que ce projet d’arrêté royal vise à multiplier les exclusions, nous ne faisons que répéter ce que disait au Tijd, en juillet 2003, Vincent Van Quickenborne, secrétaire d’Etat :… à la fin du processus il y aura beaucoup plus d’exclusions qu’avant « . Nous disons que ce projet n’est pas fait pour  » aider  » les chômeurs, mais pour les harceler û sinon, nul besoin de durcir l’arsenal de sanctions déjà existantes û, nous ne sommes pas surpris de lire dans l’annexe 6 du dernier ordre du jour du Comité de Gestion de l’Onem qu’il faudra prévoir de  » sécuriser les locaux  » où auront lieu les entretiens, et de prendre des  » mesures particulières de sécurité en prévision de comportements agressifs « … Des excès de joie de la part des  » accompagnés  » ?

Enfin, nous affirmons que le projet reprend le cahier de revendication patronal en vue d’exercer une pression à la baisse sur les salaires. Dans une note FEB de juin 2003, on peut lire que l’Onem  » doit également avoir la compétence de convoquer les chômeurs pour évaluer leurs efforts (…)Ce qui précède implique aussi nécessairement l’introduction d’une obligation de chercher du travail, dont la charge de la preuve incomberait au chômeur  » . On ne saurait mieux dire ; c’est très précisément ce qu’a fait le ministre Vandenbroucke. Heureusement que les travailleurs et les chômeurs ont, dans ce gouvernement, des ministres socialistes pour les défendre !

La nouvelle réglementation du chômage envisagée par le gouvernement est inutile parce qu’elle ne créera pas un seul nouvel emploi. Elle est fallacieuse parce qu’elle laisse croire qu’une implication volontariste de bon aloi est suffisante pour en trouver un. Elle est cruelle car elle mènera quasi inéluctablement, après suspensions successives, à l’exclusion du droit aux allocations ; injustifiable car elle institue une présomption de culpabilité dans le chef des chômeurs ; scandaleuse parce qu’elle conditionne l’octroi d’allocations d’un montant ridicule aux  » efforts suffisants  » effectués : voilà les bienfaits de la sécurité sociale réservés aux seuls  » méritants « , ce qui nie l’idée même de solidarité. Quel crime un chômeur  » inactif  » a-t-il bien pu commettre pour encourir une sanction aussi grave que la suppression de ses maigres moyens d’existence ?

Comme on le constate, ce n’est pas tant l’application de cette législation, menée avec peu ou pas de zèle qui importe. Ce sont, bien plutôt, les principes essentiels qui la sous-tendent, préjugés insultants, odieux et, pour tout dire, racistes qui démontrent à suffisance que cette réforme est intrinsèquement mauvaise (…).

Felipe Van Keirsbilck, Schaerbeek

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