Camille Reynaud. © Astrid di crollanza Flammarion

Cerveau scopique

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Touchée à 23 ans par une hémorragie cérébrale, Camille Reynaud circonscrit le mal dans une autofiction où la langue sert de révélateur à des instantanés philosophiques et artistiques.

Le 7 juillet 2017, réveillée dans sa chambre d’Andalousie par une douleur crânienne massive, l’auteure constate aussi des troubles visuels. Deux jours, un scanner et une IRM plus tard, elle connaît le nom de ce qui l’affecte: rupture d’anévrisme. Pour reprendre le contrôle, cette diplômée du master de création littéraire du Havre se cherche alors des parades dans la photographie, une des formes de narration qu’elle affectionne: « Moi, à partir des images, j’essaie de décomposer l’orage. » C’est en fragments futés et autoportraits élusifs (avec Hervé Guibert et son Image fantôme à portée d’oeil) que se construit Et par endroits ça fait des noeuds (1). Alors qu’elle se figure son corps sur la table d’opération lui reviennent, par surimpression, son expérience de modèle nu, mais aussi d’autres performances artistiques (De Robertis, Calle, Abramovi?) qui questionnent la violence, réelle ou symbolique, qui émane de celui qui regarde ou qui peint. C’est aussi via l’humour ou grâce à l’équivocité lexicale que Camille Reynaud met ce qui la déstabilise à distance dans ce premier texte émouvant et érudit. De la mémoire corporelle à un plongeon avec la poétesse Marina Tsvetaeva, il y a ici toute une constellation de points lumineux à embrasser des deux yeux.

(1) Et par endroits ça fait des noeuds, par Camille Reynaud, Autrement, 320 p.
(1) Et par endroits ça fait des noeuds, par Camille Reynaud, Autrement, 320 p.

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