Celso Amorim (Brésil) Le  » dur « 

Avec Pascal Lamy, le Brésilien, 63 ans, fait partie des vétérans des  » rounds « . Ceux qui ont vécu les sommets de Seattle en 1999 – quelques jours avant le début de la réunion, il avait d’ailleurs prédit son échec – de Doha (2001) et surtout de Cancun (2003). D’ailleurs, le patron de l’OMC et le ministre des Affaires étrangères brésilien s’apprécient, au point, depuis quelques semaines, de se lancer des fleurs, se donnant du  » Pascal  » et du  » Celso « . Mais le Brésilien fait partie des  » durs « . Pur produit de l’élite de son pays, issu de la fameuse école de diplomatie d’Itamaraty, l’homme à la barbe poivre et sel, incarne au côté du président Lula le  » Brésil puissance « , capable de tenir tête aux Etats-Unis et à l’Europe. Une réputation largement méritée : depuis 2003, cet ancien ambassadeur à Genève a accumulé les victoires, d’abord avec la création du G 20, ce groupe de 21 pays émergents (Inde, Afrique du Sud, Chineà) emmené par le Brésil, qui a réussi à faire capoter le sommet de Cancun, puis en portant le fer auprès de l’organe d’appel de l’OMC contre les Etats-Unis (sur le coton) et contre l’Union européenne (sur le sucre et le poulet). Fort de ses succès, Celso Amorim est devenu l’homme incontournable du cycle de Doha. Invité dans toutes les instances, du G 20 au G 90 (pays pauvres) en passant par le G 4 (Etats-Unis, Union européenne, Inde et Brésil), ce diplomate de carrière, qui fut un temps producteur de télévision, aurait pris la grosse tête, murmurent ceux qui le connaissent. En attendant, le représentant de la nouvelle ferme du monde (le Brésil a vu ses exportations de b£uf tripler au cours des cinq dernières années) refuse en bloc l’offre agricole européenne et réclame plus de progrès en matière d’accès au marché. En choisissant de s’aligner sur les positions américaines, le géant d’Amérique latine a suscité l’étonnement : il est vrai que, lors de sa visite à Brasilia au mois d’octobre, Robert Zoellick, le n° 2 de la diplomatie américaine et ancien négociateur à l’OMC, n’a pas hésité à menacer le Brésil de riposte si celui-ci continuait de réclamer son dû sur le dossier du coton. Depuis, Celso Amorim n’a cessé de donner de la voix contre l’Europe,  » faisant le sale boulot pour les Etats-Unis « , décrypte un spécialiste brésilien de l’OMC. Finira-t-il par  » acheter  » des progrès européens dans l’agriculture en lâchant quelques concessions en matière de tarifs industriels ?

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