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Pour le centenaire de la naissance d’Edgar P. Jacobs, le Centre belge de la bande dessinée a mis les petites cases dans les grands plats. Réussite totale

Le Siècle de Jacobs, Centre belge de la BD, 20, rue des Sables, à 1000 Bruxelles, jusqu’au 12 septembre. Tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 18 heures. Tél. : 02 219 19 80. Les amateurs ne manqueront pas le nouveau site www.jacobs2004.com, qui sera un guide précieux pour les manifestations du centenaire.

Il n’a pas fallu dix albums à Edgar P. Jacobs pour entrer dans la légende. Du Rayon U aux 3 Formules du professeur Sato, en passant bien sûr par Le Secret de l’espadon, né dans le premier numéro de Tintin en 1946, ces titres mythiques ont assuré au père de Blake et Mortimer une place indéboulonnable au panthéon de la BD franco-belge. Au départ, pourtant, cet amoureux de musique et de chanson avait goûté d’autres planches. Il fera d’ailleurs de la figuration aux côtés de Mistinguett en 1922, avant de se faire engager à l’Opéra de Lille, en 1929. Mais le démon du crayon finira par l’emporter. Après avoir vécu, comme tant d’autres, du dessin publicitaire, Jacobs deviendra l’un des bras droits d’Hergé, qu’il accompagnera dans une série de Tintin. Au prix de journées harassantes et de nuits sans fin, Edgar P., qui s’est offert une initiale à l’anglaise, élabore peu à peu sa propre £uvre, extrêmement personnelle, rigoureusement documentée, avec une maniaquerie qui en fait toute la saveur.

Sans cesse réédité, inspirateur de plus d’un grand auteur contemporain, Jacobs, mort à Lasne en 1987, aurait eu 100 ans le 30 mars 2004. L’occasion de légitimes rétrospectives, inaugurées avec panache par le Centre belge de la BD. Superbe, l’expo, qui durera six mois (!), est conçue en deux parties, dont l’une centrée sur Blake et Mortimer. Mais c’est surtout l’incroyable richesse des archives présentées qui fera vaciller les bédéphiles : cahiers d’écolier, brouillons, calques, notes, ébauches, correspondance, photos, rien n’y manque. Des  » réclames  » admirablement dessinées aux modèles réduits, toute une vie de passion et de trésors insoupçonnés nous emportent dans la magie de Jacobs, l’un des vrais inventeurs du neuvième art, et des événements du siècle qui ont nourri son imaginaire.

Stéphane Renard

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