Bourgeois assume une Flandre incomprise

La Flandre n’a pas bonne presse sur la scène internationale. Sa politique jugée antifrancophone fais jaser jusqu’aux Nations unies. Pas de quoi affoler son ministre des Relations extérieures. Geert Bourgeois (N-VA) ne voit pas òu est le problème.

L’image de la Flandre à l’étranger en prend pour son grade. Vous ne commencez pas à la trouver saumâtre ?

L’image de la Flandre est-elle vraiment mauvaise ? Nous n’avons jamais été condamnés. Prenez le rapport du comité des Nations unies sur l’élimination de la discrimination raciale, qui concerne la Belgique : plus de 90 % de ses observations portent sur l’Etat fédéral, par exemple sur sa politique d’asile. A peine quelques lignes sont consacrées à la Flandre, à son Wooncode et à la réglementation adoptée à Zaventem qui vise à restreindre l’acquisition de terrains communaux à des personnes parlant le néerlandais ou qui se montrent disposés à l’apprendre. Mais c’est ce passage-là du rapport qui est monté en épingle.

Cette mauvaise image nuit-elle aux intérêts flamands ?

Non. Les entreprises se focalisent sur un bon climat d’investissement.

Vous avez tout de même du mal à convaincre le monde extérieur de votre bonne foi…

Parce que la situation en Belgique est très complexe. Nous avons un déficit en communication extérieure. Il ne s’agit pas de faire de la propagande, mais de mieux communiquer sur les décisions que le gouvernement flamand prend, notamment vis-à-vis des journalistes étrangers.

La Flandre n’en finit pas de devoir se justifier. Devant le Conseil de l’Europe, les Nations unies, la Commission européenne. Cela vous scandalise ?

Non, je respecte ces instances. Mais la manière dont le Conseil de l’Europe vient d’aborder le dossier de la non-nomination des trois bourgmestres de la périphérie me dérange. D’accord pour enquêter de manière approfondie, sur la base de documents. Mais pas en exprimant urbi et orbi ses commentaires deux jours après une visite. Ce n’est pas correct.

Que pouvez-vous plaider pour votre défense ?

Nous ne voulons pas la ségrégation, mais l’intégration. Pour que les gens en Flandre puissent se comprendre mutuellement. En Belgique, les francophones ne respectent pas le principe de territorialité. Alors que la francophonie l’applique partout : en France, au Québec…

En Flandre, les francophones sont justement accusés de jeter de l’huile sur le feu…

Tout a commencé par des plaintes déposées par des hommes politiques francophones. Une certaine presse a ensuite présenté l’image d’une Flandre intolérante, raciste.

Vous visez qui, au juste ?

Un lobby FDF particulièrement actif agit en permanence au Conseil de l’Europe. A la longue, cette manière de montrer constamment la Flandre du doigt finit par porter.

La presse internationale a été jusqu’à parler d’un fascisme non violent en Flandre…

Nous ne sommes ni égoïstes, ni racistes, ni fascistes. Nous menons une politique ouverte sur le monde, solidaire. Y compris vis-à-vis des francophones. L’atmosphère créée est injuste.

A force de croire que tout le monde est contre elle, la Flandre ne verse-t-elle pas dans la paranoïa ?

A la longue, il y a eu des réactions exagérées. Mais nous nous retrouvons sur la défensive. Nous n’attaquons personne. J’ai toujours dit : du calme !

Vous êtes membre de la N-VA, parti radical sur le plan communautaire. Cela ne vous pose pas de problèmes dans vos relations avec les autres pays ?

Aucun. Je parle avec tous les ministres, quelle que soit leur couleur politique. Et avec mes homologues francophones aussi. J’appartiens à un parti totalement démocratique.

Entretien : Pierre Havaux

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