Best of seventies

Durant les années 1970, Fleetwood Mac et Elton John firent véritablement la BO de l’Amérique – et accessoirement du monde – des baby-boomers. Pour le pire, et le meilleur

Tout le monde sait qu’Elton John est aussi anglais que la pelouse de Peter Greenaway. Mais son véritable triomphe commercial naquit dans l’Amérique de Nixon. Dans la première moitié des années 1970, sous les sunlights de Californie, ses chansons ressemblent à autant de hits pour dérives amoureuses sur plages de surfeurs. Elton John Greatest Hits 1970-2002n’est pas sa première compil, mais sa plus fournie. Et elle contient un joli livret qui rappelle le parcours mirifique de l’ex-enfant prodige de la Royal Academy of Music de Londres. En 1971, il classe simultanément quatre de ses albums dans les « charts » américains, ce qui n’était plus arrivé depuis les Beatles. A l’écoute du premier des trois CD de ce best of, on comprend pourquoi: dans Your Song, Rocket Man, Daniel, Candle in the Wind ou Goodbye Yellow Brick Road, il fait preuve d’un exceptionnel instinct mélodique. Sa voix se prête aussi bien aux ballades grandioses qu’au rock parfumé fifties ( Crocodile Rock, Bennie and the Jets). La suite est moins accrocheuse, plus formatée. Mais, l’espace d’une demi-décennie, Elton John a vraiment eu beaucoup de talent.

L’histoire de Fleetwood Mac, illustrée dans The Very Best, CD de 21 titres, est plus complexe. Le même disque regroupe les deux périodes rigoureusement différentes du groupe, qui commença sa carrière comme leader du blues anglais, en 1967. Ce best of reprend trois de leurs tubes de l’époque, dont Albatross et Black Magic Woman (transformé plus tard en hit mondial par Santana). Mais l’essentiel du disque est consacré à la seconde version de Fleetwood Mac – anglo-américaine, installée à L.A. – qui n’a plus de commun avec le premier que sa section rythmique. A partir de 1975, ce groupe va devenir le favori des baby-boomers américains, avant de placer un succès planétaire avec Rumours, sorti en 1977 et vendu à 25 millions d’exemplaires. Si, pour les ados européens de l’époque, Fleetwood Mac symbolise la quintessence de la « ringardise baba adulte », ce disque prouve la phénoménale capacité de Fleetwood à écrire de grandes chansons aux harmonies divines telles que Go Your Own Way, Dreams, Lanslide, Sara, Rhiannonou Gypsy, qui méritent d’être redécouvertes. Et célébrées.

Ph.C., Elton John chez Universal, Fleetwood Mac chez Warner. Egalement paru:The Chicago Story 1967-

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