Jacques Remacle a convaincu 156 lieux, dont le BAM, à Mons (ci-dessous, l'exposition que le musée a consacrée à Botero), d'adhérer au projet. © philippe cornet

Au-delà de la gratuité

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Le 6 mai prochain, cela fera dix ans que, chaque premier dimanche du mois, l’accès aux musées de la Fédération Wallonie-Bruxelles est gratuit. La porte d’entrée à une action plus large, qui met du social dans la culture, relate Jacques Remacle, à l’origine de l’initiative.

Cela commence comme une idée à l’origine made in France: en mai 2012, un certain nombre de locations muséales en Fédération Wallonie-Bruxelles optent pour l’entrée gratuite une fois par mois. Un décret signé Fadila Laanan, ministre de la Culture, concrétise cette mesure pour les institutions subsidiées par l’ex-Communauté française, avec l’appui de plusieurs acteurs du secteur. Jacques Remacle devient alors administrateur délégué de l’asbl Arts & Publics, poisson pilote qui guidera la vague de la gratuité muséale. En dix ans, on passe d’une quarantaine de lieux prenant part à l’opération à plus de 150 aujourd’hui. « Je pense qu’on en est à 156, précise Jacques Remacle et les irréductibles sont moins les privés – le musée Hergé de Louvain-la-Neuve, notamment, a vite adhéré au concept – que de grosses institutions qui dépendent d’un budget fédéral. Comme les Musées royaux des beaux-arts ou celui des Sciences naturelles, par exemple. Il faut dire que la politique culturelle fédérale, ces dernières années, surtout sous l’impulsion de la N-VA, n’était pas particulièrement favorable à la gratuité. »

Au-delà de la gratuité
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Réflexe possiblement privatif: la Flandre n’est pas très enthousiaste à l’idée de proposer l’entrée gratuite mensuelle. Par contre, du côté francophone, pas moins de deux millions de visiteurs ont pu profiter de la mesure depuis 2012. « Clairement, explique Remacle, cette opération a amené de nouveaux publics vers les quelque cinq cents musées que compte la FWB, tous genres, tailles et statuts confondus. En une décennie, ils ont vraiment changé de nature. Leur image d’institutions poussiéreuses est dépassée. »

L’originalité de l’asbl Arts & Publics, qui emploie une quarantaine de contractuels, est d’ouvrir d’autres voies, entre économie sociale et multiplicité culturelle, comme la création de jeux vidéos, téléchargeables en libre accès sur son site. Une initiative qui démarre en 2016, avec un jeu sur l’ Artothèque montoise. « On avait imaginé un parcours d’énigmes selon les différentes salles du musée, se souvient Jacques Remacle. Et puis, au fil du temps, on a élargi le champ culturel de l’outil. Là, on parle d’une centaine de jeux vidéos, créés par des personnes de différentes générations. Nous avons la volonté de sortir de la pure consommation, ce qui, pour la jeunesse, est plutôt un appel participatif. »

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