Athènes à portée de crosse

L’équipe nationale belge de hockey tente de décrocher sa qualification pour les prochains Jeux olympiques. Pas évident pour la seule équipe amateur encore en lice

Cela fait deux ans que tout le monde travaille sans relâche avec un seul objectif en tête. Aujourd’hui, nous sommes fins prêts et notre unique ambition est de nous qualifier pour les JO. Les mots de Giles Bonnet, le sélectionneur national, d’origine sud-africaine, sont des plus limpides : pas question de faire de la figuration lors du tournoi qualificatif de Madrid (qui a débuté le 2 mars dernier). Nous n’avons jamais été aussi bien préparés au niveau mental et physique. Techniquement, nous restons à un bon niveau mais qui reste inférieur à celui des meilleures nations mondiales. Toutefois, nous compenserons sûrement cette différence grâce à une extraordinaire combativité.  »

L’Association royale belge de hockey (ARBH), soutenue par le COIB (Comité olympique et interfédéral Belge) et par son nouveau sponsor Assubel, a donc mis tout en £uvre pour réussir son ambitieux pari. Il faut remonter à 1976 û et aux JO de Montréal û pour retrouver un sport collectif belge qualifié pour une olympiade. Il s’agissait déjà de l’équipe nationale de hockey. A côté de Giles Bonnet, recruté pour sa grande expérience sur la scène internationale, c’est un staff technique complet qui a été mis à la disposition du noyau : un assistant coach (Pascal Kina), un entraîneur des gardiens (Bart Looije), un préparateur physique (Michaël Van Cutsem), un entraîneur mental, un médecin et deux kinés.

Et si les joueurs sont aujourd’hui si proches d’une qualification, c’est que le groupe a travaillé sans rechigner sous les ordres de Michaël Van Cutsem, le préparateur physique mis à leur disposition. Sous ses airs tranquille et complaisant se cache un homme rigoureux et implacable. Et si lors des entraînements certains joueurs bougonnent sous ses ordres, ils se plient tous à ses exercices.  » Lorsque j’ai repris l’équipe, avant la coupe du monde à Kuala Lumpur en 2002 , explique-t-il, je me suis vite rendu compte que le niveau général était assez faible. Il fallait réellement inculquer une culture physique à l’ensemble du noyau en passant par une formation générale comprenant entraînements durs dans des conditions pénibles, stretching intense, hygiène de vie, musculation bi- ou trihebdomadaire. Le pari était immense puisque l’on demandait à des amateurs de s’entraîner comme des professionnels.  » Pas évident en effet de se plier à ce travail de fond lorsqu’on sort d’une journée de travail ou de cours. Pourtant la disponibilité de tous les joueurs, et souvent de leurs proches, a été tout simplement remarquable. La Belgique est, en effet, le seul pays à aligner une équipe composée uniquement d’amateurs lors de ce tournoi qualificatif de Madrid.

Des séances de travail qui se sont enchaînées à un rythme d’enfer durant deux ans.  » A force de sueur, ils ont avalé le nombre de séances demandées, poursuit Michaël Van Cutsem, celles-ci variant d’un mois à l’autre en fonction du championnat, des examens, et évidemment de la planification sur deux ans. Ils se sont ainsi pliés à environ 175 séances l’année dernière. En ayant la chance de côtoyer les autres nations du gratin mondial, je peux vous assurer que nous avons fait le bon choix. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien à envier aux sportifs d’élite tous sports confondus.  »

Cet entraînement draconien semble payer puisque les Belges ont accumulé d’assez bons résultats durant leurs rencontres de préparation face à de grandes nations du hockey comme l’Afrique du Sud ou les Pays-Bas. Mais comme le rappelait Giles Bonnet avant de rejoindre la capitale espagnole :  » Cela ne sert à rien d’être prêt avant l’événement, il faut être au top à Madrid !  »

Laurent Toussaint

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