» Al-Qaida dans le coma « 

Olivier Rogeau
Olivier Rogeau Journaliste au Vif

Pour le Pr Rik Coolsaet, la peur des attentats islamistes est très exagérée et le terrorisme n’a rien à voir avec la religion. Il naît du mécontentement social en Orient. Une thèse soutenue par Louis Michel

L’Al-Qaida qui a détruit les twin towers n’existe plus de nos jours… La moitié de ses leaders sont morts ou emprisonnés. Le reste est en fuite et se préoccupe davantage de sa propre sécurité que de planifier des attentats.  » Pour le socialiste flamand Rik Colsaet, directeur à l’Institut royal des relations internationales, à Bruxelles, le terrorisme n’est  » sûrement pas la plus grande menace qui pèse sur l’humanité « . Dans Le Mythe Al-Qaida, ouvrage publié ces jours-ci aux éditions Mols, il tente même de démontrer que la vague terroriste est en perte de vitesse.

La peur des attentats serait donc, selon lui, exagérée et encouragée par l' » atmosphère de décadence  » qui ronge nos sociétés. Selon Coolsaet, Al-Qaida est dans le coma et Ben Laden a échoué : le 11 septembre 2001 n’a pas marqué le début de la guerre sainte et l’adversaire américain,  » sorti renforcé de la confrontation, se trouve maintenant avec sa toute-puissante force militaire au c£ur du monde arabe, l’Irak. De plus, Al-Qaida n’a pas réussi à mobiliser les masses comme il l’espérait « .

On peut rejoindre l’auteur quand il affirme que le terrorisme international est le fait de groupes locaux et non d’une véritable structure de coordination. En revanche, sa thèse – défendue aussi par Louis Michel dans la préface -, selon laquelle le terrorisme islamique est né du  » sentiment de marginalisation  » qui habite le monde musulman et n’a  » rien à voir avec la religion  » semble plus contestable. Elle reflète la position du monde politique belge, pour qui le terrorisme est da- vantage le produit du mécontentement social en Orient que des appels à la violence lancés dans certaines mosquées.

 » A la différence des pays voisins, la Belgique n’envisage rien face à l’idéologie des imams radicaux « , déplorent les sénateurs Anne-Marie Lizin (PS) et Alain Destexhe (MR).  » Le gouvernement semble penser qu’une politique de fermeté contre ceux qui prônent la violence risque d’accroître la menace terroriste, ajoute ce dernier. La surveillance des prêches n’est pas systématique, un site Internet fondamentaliste qui fait l’apologie du terrorisme fonctionne impunément et notre police fédérale n’est même pas dotée d’une direction antiterroriste spécifique.  »

Olivier Rogeau

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