Accélérateur de sensations

Parc dédié aux technologies de demain, le Futuroscope, à Poitiers, présente plusieurs nouveaux spectacles extrêmes et inédits, dont un film animalier de Jacques Perrin, tourné en double Imax

Le Futuroscope est ouvert jusqu’au 14 novembre 2004. Tarif jeune jusqu’à 16 ans. Autoroute A10 (Paris-Bordeaux, sortie 28) ou TGV, gare attenante au Parc. Infos au +32 5 49 49 30 80 ou www.futuroscope.com

Depuis son érection, en 1987, en plein c£ur de la Vienne (France), le Futuroscope demeure sans conteste le lieu de l’innovation technique en matière d’images. Site dynamique, ni exclusivement ludique ni purement pédagogique (même s’il s’enorgueillit du statut de premier parc européen pour les groupes scolaires û on y croise en effet des cohortes d’ados anglais, espagnols ou belges étrangement disciplinés), ce pôle  » intelligent  » tire son originalité d’un mélange efficace des genres. Plaisir de s’amuser, occasions d’apprendre, dans une vingtaine de pavillons à l’architecture moderniste, tout en verre et miroir, posés sur 60 hectares de jardins fleuris et proprets, ce qui ne gâche rien : ce havre du futur est bien un temple consacré avant tout au  » visuel « . Dont les productions, diffusées en continu (226 940 kilomètres de pellicules parcourent les projecteurs du Parc en une année), restent toujours au service de créations artistiques, mais à vocation didactique. Nouveauté de la saison 2004, Le Rêve d’Icare – En quête de sensations extrêmes, met ainsi en musique l’£uvre d’un fameux visionnaire. Et avec quelle dose d’adrénaline ! Près de cinq siècles après la mort de Léonard de Vinci, des adeptes de la chute libre se jettent dans le vide avec une réplique du parachute imaginé par le maître en 1485. Le film, projeté sur un écran hémisphérique de 900 mètres carrés, explore magistralement la passion du parachutisme et d’une de ses versions les plus dangereuses qui soient, le base jumping, le saut à partir d’un édifice, d’un pont ou d’une falaise…

Cette volonté d’exploiter les nouvelles technologies, en y mettant toujours du contenu, se retrouve aussi dans les Voyageurs du ciel et de la mer, un documentaire de Jacques Perrin (le réalisateur de Peuple migrateur), produit par le département de la Vienne et diffusé en exclusivité dans la  » salle du tapis magique « . Pavillon phare du Futuroscope, ce lieu de projection unique au monde donne au spectateur l’impression de  » flotter  » dans l’image, puisque deux régies illuminent simultanément deux immenses écrans d’une superficie totale de 1 400 mètres carrés (soit 5 courts de tennis), l’un frontal, l’autre placé à 25 mètres… sous les sièges des gradins.

Tournée en Imax (le seul système capable de restituer une bonne définition d’images sur des écrans plats géants), cette odyssée poétique et écologique de seize minutes (mais de huit mois de tournage !), sans artifices ni commentaire, donne à voir des prises de vues simples, mais grandioses, de mammifères marins et d’oiseaux de tous les continents. Une gageure ! Avec son format en 70 mm, l’Imax a imposé d’utiliser des caméras lourdes et bruyantes, montées sur des grues, des zodiacs ou des ULM… Au final, l’émerveillement est total lorsque les dauphins, par centaines, envahissent la salle dans une cavalcade époustouflante ou lorsque, coupés du sol par d’épais draps cotonneux, nous sommes emmenés par les oies des neiges au-delà des nuages. Ici, également, l’image est placée au service d’une intention bien présente, mais nullement pesante. Invitation à la vigilance et au respect de notre planète, ces Voyageurs célèbrent un hymne pour notre avenir, dont on ressent, déjà, les fortes exigences. Macareux et pélicans, baleines franches et fous de bassan nous poussent aussi à prendre le bon chemin pour cet univers de demain, dont le Futuroscope, à sa manière, esquisse depuis près de vingt ans les surprenants contours.

Valérie Colin

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