3 875 employés sans chaudière

Imaginez un bâtiment de dix étages (130 000 mètres carrés), à Etterbeek (Cours Saint-Michel), criblé de matériel informatique. Pas n’importe quel équipement : les PC des 3 875 membres du personnel d’ING mais, aussi, celui qui fait l’épine dorsale de l’activité bancaire du groupe en Europe : de puissants ordinateurs autour desquels s’activent les cambistes dans leur local d’arbitrage. Une véritable cocotte-minute, qui déborde d’énergie au sens propre. Chez ING , une partie de celle-ci est récupérée par des pompes à chaleur. Puis réinjectée dans des radiateurs d’appoint.  » Ceux-ci sont nécessaires seulement dans les bureaux périphériques de la tour, explique Jacques Bolain, l’un des ingénieurs thermiciens du groupe de bancassurance. Car, au centre des plateaux de notre bâtiment, c’est l’été toute l’année, même par moins 10 degrés !  »

Certes, cette circulation d’énergie en circuit fermé est grandement facilitée par la masse inhabituelle d’équipements informatiques, importants producteurs de chaleur. Mais, dès sa conception, au lendemain du premier choc pétrolier, le bâtiment d’ING a été précurseur : généralisation d’un double vitrage particulièrement performant, réglage automatique des stores en cas d’ensoleillement et récupération de l’eau du système de climatisation à des fins de réutilisation dans les sanitaires. Ensuite, au fil de la rénovation de l’immeuble, ING a remplacé ses anciens luminaires en veillant à choisir la meilleure technologie disponible sur le marché. Ils sont dorénavant équipés de ballasts électroniques, ce qui permet un rendement de 83 %. Selon le moment, trois niveaux d’éclairage sont prévus : 100 %, 50 %, 5 %. Autre poste d’économies : les locaux techniques, les salles de photocopieuses et les toilettes sont éclairés par détection automatique de présence.

La consommation électrique des zones modernisées a diminué de plus de 50 %.

Ces aménagements ont valu à ING, en 2004, d’être distingué par une deuxième étoile à son label d' » entreprise écodynamique  » : la plus haute distinction accordée à ce jour dans le secteur tertiaire bruxellois. Ses thermiciens réfléchissent, aujourd’hui, à la faisabilité d’une fabrication de glace pendant la nuit, afin de refroidir le bâtiment à moindre coût pendant la journée. ING contribuerait ainsi à lisser les périodes de crêtes de la consommation d’électricité, pendant lesquelles les producteurs lui réclament un surcoût.

Philippe Lamotte

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