2018 : le grand bluff belge ?

Alexandre Charlier
Alexandre Charlier Journaliste sportif

Dix-huit ans après l’Euro 2000, les Belges et les Néerlandais entendent organiser le Mondial de football. Rêve ou utopie ?

 » Le train est en marche, on ne peut plus l’arrêter…  » C’est Alain Courtois qui le prétend, au retour d’une visite à Michel Platini, patron de la Fifa (Fédération internationale de football), à qui il a présenté les motifs et les objectifs de la candidature belgo-néerlandaise. Le projet doit être rentré à la Fifa pour le 31 décembre 2010. Et l’heureux élu sera connu en mai 2011. Mais quels sont les atouts et les inconvénients du dossier ?

Les points forts

Alternance. Allemagne en 2006, Afrique du Sud en 2010 et Amérique du Sud, plus que probablement, en 2014 : en raison d’une alternance historique, l’organisation de la Coupe du monde 2018 reviendra à l’Europe. Michel Platini le garantit.

Challenger. La  » petite  » Belgique n’est jamais aussi forte et aussi performante que lorsqu’elle paraît se trouver en position de faiblesse. L’étiquette de challenger lui convient parfaitement.

Euro 2000. La réussite de la première organisation par deux pays d’un Championnat d’Europe des nations est un atout. L’Euro 2000 s’est soldé par un boni de 20 millions d’euros. On retrouve les mêmes promoteurs pour porter la candidature au Mondial 2018 : Harry Been (Pays-Bas) et Alain Courtois (Belgique).

Mobilité. Un aéroport dans chaque ville d’accueil. Par les airs, la terre et la mer, les plats pays, idéalement situés au c£ur de l’Europe, offrent de grandes facilités de mobilité. La Belgique et les Pays-Bas sont pratiquement les seuls pays au monde à offrir des moyens de transport aussi diversifiés.

2 en 1.  » Deux pays, mais une seule organisation pour une candidature unique  » : Alain Courtois tape souvent sur le clou. La Fifa ne veut plus revivre l’expérience de 2002 et les énormes problèmes causés par la Coupe du monde coorganisée par le Japon et la Corée du Sud. Il existe un parlement du Benelux qui se réunit trois fois par an et qui a déjà mis le point de la candidature 2018 à son ordre du jour. Un accord de coopération policière (un seul territoire) est d’ores et déjà scellé.

Stades. Le projet : des stades modernes et entièrement neufs. La Belgique mise sur cinq stades d’une capacité minimale de 40 000 places et sur la rénovation d’autres enceintes pour accueillir des entraînements. Six villes belges se sont engagées officiellement à construire, chacune, un stade pour 2016, au plus tard.

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Les points faibles

Les rivaux. Personne n’a encore déposé officiellement sa candidature auprès de la Fifa mais, si elle s’y résout, l’Angleterre sera l’adversaire à battre pour les Belges et les Hollandais. Bien plus que la Russie. Un autre grand pays, l’Espagne, qui pourrait avoir toutes ses chances, ne s’est pas dévoilé.

Diables rouges. Notre équipe nationale faisait partie du gratin mondial jusqu’en 2002. La dégringolade ne semble plus s’arrêter. La Fifa accorde traditionnellement un sésame au pays organisateur. Mais deux ? Si, pour les Pays-Bas, cela ne pose aucun problème, le scepticisme est de mise, dans la conjoncture actuelle, pour la Belgique.

Hébergement. Gros point noir. Aujourd’hui, en dehors d’Anvers et de Bruxelles, la Belgique n’a pas la capacité hôtelière pour accueillir une Coupe du monde. Or la Fifa impose des quotas très stricts.

Image. La crise politique et institutionnelle de notre royaume et d’épineuses affaires juridico-sportives (Bosman, Oulmers, Geel et Namur…) ont terni la réputation de notre pays à l’étranger. De plus, avant de mobiliser les énergies pour satisfaire au terrible cahier des charges de la Fifa (800 pages pour la candidature allemande !), le comité de candidature doit vaincre le scepticisme et toucher l’ensemble de la population belge.

Stades. Malgré les déclarations d’intention des multiples niveaux de pouvoir qui se télescopent plus qu’ils ne se renforcent, on ne voit rien venir à Bruxelles, à Bruges et à Anvers. Dans ce domaine, les Belges ne jouent vraiment pas dans la même division que leurs voisins hollandais qui avaient profité de l’Euro 2000 pour moderniser complètement leurs stades. Et les Bataves annoncent déjà une deuxième vague de mise à niveau. l

Alexandre Charlier

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