2 000 dossiers en attente de permis ou en chantier

Trouver un toit, surtout à bon marché, reste un problème très épineux à Mons. La Ville peine à satisfaire la demande tout en exhortant les communes voisines à plus d’efforts et de solidarité en matière de logements sociaux.

Le Hainaut reste la province la moins chère du pays sur le plan immobilier. Soit. Le prix de vente moyen d’une maison d’habitation mitoyenne dans l’arrondissement de Mons a néanmoins augmenté de 58 % en 5 ans,pour atteindre 130 000 euros. Celui d’un appartement avoisine les 145 000 euros (+ 56 % en 5 ans). Et le montant des loyers est lui aussi en constante augmentation. Résultat : la porte d’accès au logement se rétrécit pour nombre de jeunes en difficulté, travailleurs débutants, chômeurs ou bénéficiaires du revenu d’intégration du CPAS.

D’ailleurs, quelles que soient la tranche d’âge et la situation familiale, de nombreux Montois n’ont pas les moyens de se payer un logement dans le privé et se retrouvent sur de longues listes d’attente pour tenter d’obtenir un logement social, de préférence de qualité. Pourtant, avec 10 % du parc immobilier à vocation sociale – 60 000 logements -, Mons est au-dessus de la moyenne wallonne. Ce n’est visiblement pas encore assez dans un contexte socio-économique difficile.

Si les autorités communales sont conscientes de la situation, elles plaident aussi pour une plus grande solidarité des communes limitrophes.  » Si toutes les communes se fixaient comme plancher la barre des 10 % de logements sociaux, les difficultés seraient mieux réparties et la situation serait plus équitable « , estime le bourgmestre Elio Di Rupo.

Des initiatives sont néanmoins prises pour tenter d’absorber cet excès structurel de demandes. La mise sur pied d’un éco-quartier – L’Ile aux oiseaux – en est un exemple… à décliner plus rapidement. En partenariat avec le promoteur Thomas&Piron, l’immobilière sociale Toit&moi s’est lancée dans un vaste projet de 343 nouveaux logements (+ 116 logements rénovés), dont 185 seront des logements sociaux (73 maisons basse énergie, 20 maisons passives et 92 appartements basse énergie). L’ensemble résidentiel se caractérisera par une mixité intégrée entre des logements sociaux et des logements de type unifamilial destinés au marché acquisitif. Actuellement, 310 logements sont en construction.

A Ghlin, les tours ont été démolies et le site attend le fruit des réflexions d’aménagement global menées par Toit&moi, propriétaire des terrains. Selon les autorités communales, les quelque 500 familles qui habitaient encore ces tours insalubres sont à ce jour toutes relogées.

Un retard énorme à combler. Avec l’aide du privé

Chiffre néanmoins positif , selon les autorités communales, plus de 2 000 dossiers sont actuellement en demande de permis ou en chantier. Si beaucoup concernent des rénovations de bâtiments du centre-ville, dans la rue de la Clé, d’autres concernent des projets immobiliers plus vastes, comme celui de la zone d’aménagement communal concertée (ZACC) au n° 30 de la route d’Obourg (180 logements). Et sur le site des Grands Prés, Thomas&Piron – encore lui – projette la construction de 300 appartements. De quoi densifier et diversifier le bâti de ce nouveau quartier de ville.

A plus longue échéance, Mons n’est pas sans arguments : elle dispose encore de 52 zones d’aménagement communales concertées (ZACC) et annonce déjà que six d’entre elles sont aptes à faire l’objet d’un permis d’urbanisme et de lotissement d’ici à un an, au plus tard. Notamment à Ghlin, Cuesmes, Jemappes ou encore Flénu. Appel est lancé aux partenaires privés que la crise n’a pas mis sur les genoux.

Photo tirée du récent livre Mons, réalisé par Marie-Françoise Plissart (photos) et Caroline Lamarche (textes).

S.D.

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