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Yémen: une ONG norvégienne « choquée » par l’ampleur de la crise humanitaire

Le Vif

Le chef de l’ONG Norwegian Refugee Council (NRC) s’est dit mercredi « choqué » par l’ampleur de la crise humanitaire au Yémen, un pays en guerre où sept millions de personnes sont menacées par « une famine sans précédent ».

« Nous n’avons pas besoin d’une autre famine dans le monde », a lancé Jan Egeland lors d’une conférence de presse à Sanaa.

« Nulle part sur Terre, il y a autant de personnes dont la vie est en danger », a-t-il ajouté dans un communiqué au terme d’une visite de cinq jours au Yémen où, selon l’ONU, quelque 19 millions de personnes, soit environ deux tiers de la population, ont un besoin urgent d’aide humanitaire.

« Les sévères restrictions d’accès au Yémen par voie aérienne, maritime et terrestre ont causé un effondrement économique » dans ce pays, a indiqué M. Egeland, qui a appelé à leur levée.

Le Yémen est déchiré par un conflit depuis qu’une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite a commencé en mars 2015 une campagne de bombardements pour repousser les rebelles chiites Houthis, soutenus par l’Iran, qui avaient pris le contrôle de la capitale Sanaa et d’autres parties du pays.

« C’est un échec gigantesque de la diplomatie internationale », a relevé le secrétaire général du NRC, pressant les protagonistes du conflit, leurs alliés et les puissances occidentales de « ne pas jeter de l’huile sur le feu ».

M. Egeland a plaidé pour « un cessez-le-feu, de sérieux pourparlers de paix et des secours urgents pour les 19 millions de Yéménites dans le besoin ».

Le chef du Programme alimentaire mondial (PAM) a par ailleurs mis en garde mercredi contre une fermeture du port de Hodeida (est) par lequel transitent « 99% des importations du Yémen ».

Il existe des craintes croissantes sur une éventuelle attaque de la coalition arabe contre ce port, aux mains des rebelles.

« Si le port fermait pour une quelconque raison, ce serait un désastre pour le Yémen » a-t-il indiqué à l’AFP, mettant en garde contre « un risque accru de famine ».

Depuis l’intervention de la coalition en mars 2015, quelque 7.700 personnes en majorité des civils, ont été tuées et 42.500 blessées dans ce conflit. Toutes les médiations de l’ONU et sept accords de cessez-le-feu ont échoué.

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