Brussels Airlines

Ryanair, Brussels Airlines: les grèves vont-elles chambouler les départs en vacances?

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

Les menaces de grève se multiplient au sein des compagnies aériennes. Aussi bien chez les pilotes que chez le reste du personnel. En Belgique, Ryanair et Brussels Airlines sont les plus concernés par ces avertissements. De quoi fortement perturber les départs en vacances?

Les pilotes de Brussels Airlines ont annoncé vouloir faire grève pendant trois jours consécutifs fin juin s’ils ne parviennent pas à un accord aujourd’hui/mardi. Le lancement des vacances d’été pourrait mal tourner à Zaventem.

Que se passe-t-il exactement?

Les pilotes et le personnel de cabine de Brussels Airlines s’étaient déjà mis en grève, en décembre, pour protester contre la charge de travail élevée. L’arrêt avait duré 24 heures. Selon les trois syndicats, « rien de structurel » n’avait alors été fait pour régler les problèmes. Et, selon eux, peu de choses se sont améliorées depuis lors. Aujourd’hui, pilotes et direction ne sont toujours pas sur la même longueur d’onde.

Si pas d’accord aujourd’hui, 3 jours de grève fin juin

Une réunion de réconciliation est prévue ce mardi 7 juin, mais, selon De Morgen, il y a de fortes chances que personne autour de la table ne cède aujourd’hui. Si tel est le cas, il devrait en découler trois jours consécutifs de grève fin juin, juste avant le début de l’exode estival.

C’est ce que les syndicats proposent à leurs partisans, c’est-à-dire les pilotes. Il est possible que d’autres membres du personnel de Brussels Airlines rejoignent également les pilotes.

«Lors de la restructuration de l’année dernière, tout le monde chez Brussels Airlines a dû renoncer à son salaire. Les pilotes en recevaient seulement le tiers : du coup, on leur donnait un budget pour choisir un certain nombre d’avantages sociaux. Mais ce montant n’a pas encore été indexé, alors que pour le reste de la population, il y a déjà eu quatre à cinq indexations en 2021 et 2022. Ils subissent donc une perte de salaire », explique l’expert en aviation Luk De Wilde au Morgen.

« Des concessions afin d’éviter un nouveau chaos »

S’il y a une grève juste avant les vacances d’été, cela nuira indubitablement à l’image de l’aéroport bruxellois. Encore. « Personne n’en profite », explique Luk De Wilde. « Tant les syndicats que la direction feront de leur mieux pour faire des concessions afin d’éviter un nouveau chaos. »

« N’oubliez pas que Brussels Airlines est toujours dans le rouge et que la compagnie doit encore rembourser un prêt de 290 millions d’euros à l’Etat d’ici 2024. Ce n’est pas bon pour regagner la confiance du voyageur. »

Ryanair menace ses pilotes belges après l’envoi d’un préavis de grève pour cet été

Autre compagnie, même ambiance. Ryanair, présente à Charleroi mais aussi à Zaventem, a prévenu ses pilotes belges qu’une grève cet été ne resterait pas sans conséquence, alors que ces derniers ont envoyé un préavis de grève à l’entreprise irlandaise fin du mois de mai.

Ryanair à Bruxelles.

« Des grèves n’apporteront aucun avantage à nos pilotes belges, elles ne feront que retarder les salaires, annuler des vols et mettre en danger des emplois », a écrit le directeur du personnel Darrell Hughes dans une note interne qu’a pu consulter Belga.

Il y a quelques jours, des syndicats représentant les travailleurs de cinq pays, dont les Belges, ont menacé d’une grève du personnel de cabine de Ryanair si l’entreprise persistait à refuser « un vrai dialogue social ».

BeCA, qui représente les pilotes en Belgique, et les syndicats chrétiens ACV Puls et CNE ont fait savoir que les pilotes seraient solidaires de leurs collègues en cas d’actions, et qu’un préavis de grève avait d’ailleurs été envoyé à la compagnie aérienne.

Le mécontentement actuel du personnel de cabine et des pilotes trouve son origine dans « le contournement continuel » par Ryanair du droit du travail belge, selon la BeCA et les deux syndicats. D’après eux, le transporteur utilise tous les moyens pour échapper à ses engagements de 2019 de respecter et d’appliquer la législation nationale.

Ryanair rappelle qu’un accord a été conclu pour les salaires des pilotes le 7 octobre 2020, avec l’ACV Puls et la CNE, et qu’il vaut jusque 2024. La compagnie estime que les syndicats veulent revenir sur cet accord. « Si les syndicats ne respectent pas cet accord, alors tous les autres avantages négociés pour les pilotes deviendront également caducs », prévient la compagnie.

Dans ce cas, selon Ryanair, les pilotes perdront entre autres l’horaire 5/4 (5 jours de travail, 4 de récupération), les primes aux transferts et aux promotions, la sécurité de l’emploi ou encore de la base en Belgique.

Pour Ryanair, les grèves « ne mènent à rien ». « Elles ne font que nuire à la confiance des clients et à nos équipes des bases belges, alors que nous sommes déjà dans une fragile période de reprise post-pandémie. Ce n’est pas une menace, mais un raisonnement rationnel si nous ne pouvons pas compter sur nos équipages belges pour planifier nos vols. »

La compagnie aérienne menace concrètement de déplacer des capacités et investissements en Belgique vers d’autres pays.

A Bruxelles comme à Charleroi, l’été aérien risque donc de subir quelques turbulences…

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