La participation des Emirats arabes unis à la guerre civile du Yémen n'a pas été couronnée de succès. © belgaimage

Plusieurs fers au feu

Gérald Papy
Gérald Papy Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

De la Libye au Yémen en passant le Qatar, les Emirats arabes unis version MBZ sont sur tous les fronts. Avec des résultats mitigés.

Depuis qu’il est devenu de facto le maître de la fédération des Emirats arabes unis, le prince héritier Mohammed ben Zayed, 59 ans, a multiplié les interventions de politique extérieure, à l’image de celui dont il est souvent considéré comme le mentor, son alter ego saoudien, Mohammed ben Salmane, 35 ans. Mais MBZ + MBS n’est pas forcément un duo gagnant. Revue en forme de bulletin.

Syrie-Irak, août 2014

Mission : intégration à la Coalition internationale, composée d’Etats occidentaux et arabes et mise en place pour lutter contre l’Etat islamique et le Front al Nosra, branche locale d’Al-Qaeda, en Irak et en Syrie.

Nature : participation de la Force aérienne émiratie aux bombardements.

Résultat : succès. La grande partie des territoires contrôlés par l’Etat islamique a été reprise aux djihadistes.

Libye, août 2014

Mission : soutien au général Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est, dans sa confrontation avec le gouvernement d’action nationale (GAN) en place à Tripoli et dirigé par Fayez Sarraj.

Nature : fourniture de mercenaires, d’hélicoptères, d’armement, appui de la Force aérienne.

Résultat : échec. Le général Haftar ne parvient pas à étendre son pouvoir sur l’ensemble du pays, malgré une offensive militaire d’envergure en 2019 et 2020. Le GAN reçoit l’aide de la Turquie. Un accord de cessez-le-feu est signé le 21 août 2020.

Yémen, mars 2015

Mission : participation, dans le contexte de la guerre civile, à la coalition arabe emmenée par l’Arabie saoudite qui soutient le gouvernement officiel du président Abdrabbo Mansour Hadi contre les rebelles chiites houthis pro-iraniens.

Nature : bombardements aériens, soutien au sol de troupes émiraties et de mercenaires.

Résultat : échec. Malgré des succès militaires contre les Houthis à Aden (juillet 2015) et contre Al-Qaeda à Mukalla (avril 2016), les positions entre les belligérants restent globalement figées. Les Emirats retirent officiellement leurs forces du Yémen en février 2020.

Crise du Qatar, juin 2017

Mission : punir le Qatar pour sa complaisance supposée à l’égard de l’Iran, du Hezbollah libanais chiite pro-iranien et des Frères musulmans sunnites.

Nature : rupture des relations diplomatiques, blocus économique imposé par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte, Bahreïn.

Résultat : échec. Le Qatar a résisté aux sanctions, son boycottage s’est allégé et le conflit demeure non résolu.

Objectif Mars, juillet 2020

Mission : envoyer une sonde qui devrait atteindre le pourtour de Mars en 2021, année du cinquantième anniversaire de la fondation des Emirats arabes unis.

Nature : lancement réussi le 20 juillet de la sonde Al-Amal ( » l’espoir « ) par l’Agence spatiale émiratie.

Résultat : succès, à ce stade. Les Emirats arabes unis concurrencent les Etats-Unis et la Chine dans l’exploration de Mars.

Approcher de Mars en 2021.
Approcher de Mars en 2021.© belgaimage

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