Monténégro: une alliance pro-russe au gouvernement

Après des mois de difficiles tractations, le Premier ministre du Monténégro est parvenu à faire approuver sa coalition de gouvernement, dans laquelle il a fait entrer une alliance pro-russe.

Milojko Spajic, 36 ans, chef du parti pro-européen « Europe maintenant! » et désigné Premier ministre en août, s’est assuré des votes de 46 députés sur 81. Dix-neuf ont voté contre, un s’est abstenu et les autres étaient absents. « Notre but est de faire du Monténégro la Suisse des Balkans, le Singapour de l’Europe », a-t-il dit lundi aux parlementaires lors de la présentation de son programme et de son gouvernement.

Une nuit de discussion a suivi, l’opposition protestant contre l’élection à la tête du Parlement du chef de l’alliance « Pour le futur du Monténégro », Andrija Mandic, qui a finalement été élu. Cette alliance s’oppose à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo ainsi qu’aux sanctions imposées à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, et est proche du président serbe, Aleksandar Vucic.

« Le Monténégro a maintenant un gouvernement anti-européen, anti-monténégrin et pro-russe« , s’est désolé le président du principal parti d’opposition, le Parti démocratique des socialistes du Monténégro, Danijel Zivkovic.

Formé en 2022, « Europe maintenant! » est arrivé en tête des législatives en juin. Il avait attiré les électeurs, notamment des jeunes désireux de voir de nouvelles têtes aux commandes, en promettant l’augmentation des salaires et des retraites ainsi que des réformes économiques. Avec 26% des voix, il était contraint de construire une coalition pour gouverner le minuscule pays des Balkans. Après des mois de discussions, il a finalement trouvé des alliés.

Depuis les législatives de 2020, le pays de 620.000 habitants va de crise en crise. Aucun camp n’est parvenu à trouver de majorité stable et deux gouvernements ont été renversés par des motions de censure. Membre de l’Otan depuis 2017, le Monténégro négocie depuis 2010 son adhésion à l’Union européenne mais la paralysie des institutions politiques entrave son rapprochement.

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