Mike Pence

Mike Pence pointé du doigt après avoir lié Soleimani aux attentats du 11-Septembre

Le vice-président américain Mike Pence a lié dans un tweet le général iranien Qassem Soleimani, mort dans un raid américain en Irak, aux responsables des attentats du 11-Septembre à New York, une affirmation pointée comme douteuse ou trompeuse par de nombreux médias américains.

Qassem Soleimani « a aidé au voyage clandestin en Afghanistan de 10 des 12 terroristes ayant mené les attaques terroristes du 11-Septembre aux Etats-Unis », a affirmé Mike Pence vendredi sur Twitter, au milieu d’une série de messages visant à justifier la décision américaine de le tuer.

Les attentats du 11-Septembre ayant été perpétrés par 19 pirates de l’air, sa porte-parole Katie Waldman a ensuite précisé que M. Pence parlait des 12 d’entre eux ayant « transité par l’Afghanistan ». Et a répété que « 10 sur ces 12 avaient été aidés par Soleimani ».

Mais le New York Times souligne que Qassem Soleimani -qui dirigeait déjà à l’époque la Force Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures d’Iran- n’est « cité à aucun moment » dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire américaine sur le 11-Septembre.

Le rapport explique que même si « il existe de fortes preuves que l’Iran a permis le transit de membres d’Al-Qaïda vers et depuis l’Afghanistan avant le 11-Septembre », les enquêteurs n’ont trouvé « aucune preuve que l’Iran (…) était au courant de la préparation » des attentats. « Au moment de leur passage en Iran, les agents d’Al-Qaïda eux-mêmes n’étaient probablement pas au courant des détails de la future opération », ajoutait ce rapport.

Il est donc « techniquement correct de dire que l’Iran a ‘aidé’ à leur voyage », mais pas de donner l’impression que cela a été fait « en aidant sciemment à ce qui allait devenir le 11-Septembre », note le Washington Post, pour qui rien n’indique en outre que Soleimani ait directement pris part à cette « aide ».

Par ailleurs, 15 des 19 auteurs des attentats du 11-Septembre étaient des ressortissants d’Arabie saoudite, une monarchie sunnite, grande rivale de l’Iran chiite.

Par ce rapprochement, M. Pence a suivi la ligne défendue par l’administration Trump depuis le raid américain vendredi à Bagdad, en mettant l’accent sur les « atrocités » commises par Soleimani.

L’homme est « responsable d’avoir tué au moins 603 militaires américains », a affirmé samedi le département d’Etat dans un tweet. « 17% des morts au sein du personnel américain en Irak entre 2003 et 2011 peuvent être attribués à ce terroriste et la Force Qods. »

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