Edito

Anne-Sophie Bailly

L’indignation face à la Coupe du Monde de football au Qatar. Trop tardive? (édito)

Anne-Sophie Bailly Rédactrice en chef
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Face aux appels au boycott de la Coupe du Monde de football au Qatar, certains raillent une indignation tardive et à géométrie variable. Cette indignation est-elle pour autant inutile?

Philipp Lahm d’abord, Eric Cantona ensuite. Puis Vincent Lindon. Et puis, aussi, ces #BoycottQatar2022 qui remplacent les photos de profil sur les réseaux. Et puis, encore, ces communes qui n’installeront pas d’écran géant. Les appels au boycott de la «Coupe du monde de la honte» se multiplient au fur et à mesure que la date du match d’ouverture approche.

«Une indignation à géométrie variable.» «Quel sacrifice énorme que de regarder une série plutôt qu’un match de foot.» «C’est s’acheter une conscience à bon compte», s’entendent rétorquer ceux qui lancent ou suivent ces invitations à se distancier du Mondial à venir.

De fait, l’indignation peut sembler bien tardive. Il y a douze ans, lors de la désignation du Qatar comme pays hôte de la Coupe du monde de football 2022, certaines voix s’étaient élevées pour dénoncer ce choix. Mais bien moins nombreuses, bien moins tranchées. Bien moins relayées, aussi.

Néanmoins, cette indignation tardive lui ôte- t-elle son caractère sincère? Les réformes du droit du travail annoncées mais insuffisamment appliquées, la visualisation de la débauche de moyens pour ériger des aberrations écologiques comme le statu quo en matière de respect des droits de l’homme n’ont-ils pas contribué à cette prise de conscience?

Cette indignation avec effet retard est-elle pour autant vaine? Est-il utopique d’espérer que ces prises de position multiples et nombreuses puissent influer sur les décisions futures? Que sous la pression citoyenne, l’organisation de grands événements sportifs internationaux prenne davantage en considération des critères éthiques, écologiques, démocratiques?

Peut-être. Mais ce qui est certain, c’est que si une rupture dans la poursuite d’un modèle de préséance des motivations financières sur toutes les autres doit advenir, elle ne viendra que de là. De ces spectateurs qui, par leur refus de cautionner ce choix catastrophique, pèseraient sensiblement sur les audiences. De ces bourgmestres qui, par leur décision, signalent qu’il ne s’agit plus uniquement d’une fête. Du refus de (rares) médias de couvrir l’événement. Pas des fédérations nationales, ni des sportifs ni des sponsors.

Cette indignation citoyenne porte cet espoir de changement.

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