surf femmes Sénégal
Sur la plage de Yoff, Soukeye Ndoye, 14 ans (au milieu), entourée de deux autres apprenties surfeuses. Planches, combinaisons nautiques, etc.: le matériel est financé par l’ONG Black Girls Surf, fondée par la surfeuse afro-américaine Rhonda Harper. © Thomas Morel-Fort

Le surf, une vague de liberté pour certaines sénégalaises

Le Vif

Au Sénégal, pour en découdre avec l’océan et les traditions, Soukeye Ndoye, 14 ans, a choisi le surf. Un sport de glisse auquel l’a initiée Khadjou Sambe, la première surfeuse sénégalaise.

Au pays de la teranga («accueillir», en wolof), le surf est un sport prisé des touristes occidentaux. «Depuis la plage, j’ai toujours vu des hommes blancs le pratiquer. Jusqu’au jour où j’ai aperçu une surfeuse noire», se remémore Soukeye Ndoye, vêtue de sa combinaison nautique. La sportive qui glisse sur l’eau s’appelle Khadijatou – «Khadjou» – Sambe.

Pour les parents de Khadjou, la place d’une femme est plus à la cuisine que sur les rivages, au côté d’autres hommes. Et puis, la mer, c’est dangereux pour une fille ; les préjugés sexistes ont la vie dure. Mais Khadjou s’accroche et, avec le soutien de l’ONG américaine Black Girls Surf, s’envole aux Etats-Unis pour sa première compétition.

A son retour, en 2019, elle ouvre, à 24 ans, la première école de surf pour jeunes filles à Yoff, un arrondissement de Dakar. Son but: former les jeunes Sénégalaises et prouver que les surfeuses «ne sont pas toutes blondes à la peau blanche». Nombreuses sont ses élèves à avoir défié l’autorité parentale pour vivre leur passion. Soukeye est l’une des pionnières. «Khadjou et moi sommes nées dans le même village de pêcheurs. C’est elle qui a convaincu mes parents de me laisser pratiquer ce sport, raconte la collégienne. Des amies m’ont rejointe. D’autres ont arrêté: l’une d’elles, mariée à 15 ans, vient d’avoir un bébé.» Au Sénégal, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans mais il arrive souvent que les parents marient leur fille plus tôt s’ils n’ont pas les moyens de financer ses études.

Soukeye surfe tous les jours, même le week-end, «pour devenir une grande championne, gagner de l’argent en remportant des prix et aider ma famille». A l’horizon: le rêve de représenter son pays aux Jeux olympiques de 2024, en France. Cette année, elle doit se rendre en Afrique du Sud pour sa première compétition internationale. «C’est aussi la première fois que je prendrai l’avion.» L’ occasion de voguer un peu plus vers la liberté.

Foot, jogging... les hommes investissent le terrain. Des femmes se promènent le long du rivage. D’autres s’ occupent de leurs enfants sous des parasols en paille.

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Foot, jogging… les hommes investissent le terrain. Des femmes se promènent le long du rivage. D’autres s’ occupent de leurs enfants sous des parasols en paille.

Khadjou échauffe ses élèves avant qu’elles ne se jettent à l’eau. Chaque session se termine par leur cri de ralliement: «We are Black Girls Surf!»

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Khadjou échauffe ses élèves avant qu’elles ne se jettent à l’eau. Chaque session se termine par leur cri de ralliement: «We are Black Girls Surf!»

Si elle a d’abord dissuadé sa fille de surfer, la mère de Soukeye l’encourage aujourd’hui avec fierté. «Elle voit toute la discipline qu’exige ce sport et les opportunités qu’il offre.»

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Si elle a d’abord dissuadé sa fille de surfer, la mère de Soukeye l’encourage aujourd’hui avec fierté. «Elle voit toute la discipline qu’exige ce sport et les opportunités qu’il offre.»

Dans l’eau, l’adolescente de 14 ans oublie ses soucis. Si elle est tombée à plusieurs reprises, Khadjou lui a appris à ne pas abandonner «et à me relever à chaque fois».

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Dans l’eau, l’adolescente de 14 ans oublie ses soucis. Si elle est tombée à plusieurs reprises, Khadjou lui a appris à ne pas abandonner «et à me relever à chaque fois».

A Xataxely où habitent Soukeye et sa famille, les habitants vivent principalement de la pêche et des touristes, que le père de la jeune fille emmène en pirogue vers l’île de Ngor, prisée pour la beauté de ses plages.

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A Xataxely où habitent Soukeye et sa famille, les habitants vivent principalement de la pêche et des touristes, que le père de la jeune fille emmène en pirogue vers l’île de Ngor, prisée pour la beauté de ses plages.

Khadjou Sambe, 27 ans, est la première surfeuse professionnelle du Sénégal. En 2018, grâce aux réseaux sociaux, Rhonda Harper repère son talent et l’invite à surfer en Californie, où elle habite. Aujourd’hui, l’Américaine et la Sénégalaise forment un binôme engagé pour que les Noires soient mieux représentées dans la compétition.

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Khadjou Sambe, 27 ans, est la première surfeuse professionnelle du Sénégal. En 2018, grâce aux réseaux sociaux, Rhonda Harper repère son talent et l’invite à surfer en Californie, où elle habite. Aujourd’hui, l’Américaine et la Sénégalaise forment un binôme engagé pour que les Noires soient mieux représentées dans la compétition.

Foot, jogging... les hommes investissent le terrain. Des femmes se promènent le long du rivage. D’autres s’ occupent de leurs enfants sous des parasols en paille.

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Foot, jogging… les hommes investissent le terrain. Des femmes se promènent le long du rivage. D’autres s’ occupent de leurs enfants sous des parasols en paille.

Khadjou échauffe ses élèves avant qu’elles ne se jettent à l’eau. Chaque session se termine par leur cri de ralliement: «We are Black Girls Surf!»

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Si elle a d’abord dissuadé sa fille de surfer, la mère de Soukeye l’encourage aujourd’hui avec fierté. «Elle voit toute la discipline qu’exige ce sport et les opportunités qu’il offre.»

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Dans l’eau, l’adolescente de 14 ans oublie ses soucis. Si elle est tombée à plusieurs reprises, Khadjou lui a appris à ne pas abandonner «et à me relever à chaque fois».

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A Xataxely où habitent Soukeye et sa famille, les habitants vivent principalement de la pêche et des touristes, que le père de la jeune fille emmène en pirogue vers l’île de Ngor, prisée pour la beauté de ses plages.

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Khadjou Sambe, 27 ans, est la première surfeuse professionnelle du Sénégal. En 2018, grâce aux réseaux sociaux, Rhonda Harper repère son talent et l’invite à surfer en Californie, où elle habite. Aujourd’hui, l’Américaine et la Sénégalaise forment un binôme engagé pour que les Noires soient mieux représentées dans la compétition.

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Article écrit par Louise Pluyaud. Photos : Thomas Morel-Fort.

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