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Le Conseil de l’Europe dénonce le traitement des migrants par la Pologne

Stagiaire Le Vif

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a dénoncé la « pratique répétée et systématique » de la Pologne de « renvoyer » migrants et demandeurs d’asile au Bélarus. Depuis l’été 2021, des milliers de migrants sont pris en étau à la frontière polono-biélorusse.

Vendredi, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, a dénoncé la « pratique répétée et systématique consistant à renvoyer les migrants et les demandeurs d’asile » au Bélarus voisin, lui-même accusé d’orchestrer une crise migratoire, ce qu’il dément. La commissaire s’était elle-même rendue à la frontière polono-bélarusse en novembre.

Le Conseil, quant à lui, a écrit que la Pologne renvoyait ces demandeurs d’asile « sans avoir examiné la situation particulière de chacun et notamment sans avoir déterminé s’ils pourraient prétendre à une protection internationale ».

La commissaire a également vilipendé « l’attitude des autorités polonaises », qui n’apporteraient pas d’aide humanitaire aux personnes bloquées à la frontière et empêcheraient même les ONG de leur fournir une quelconque assistance. Début décembre, la Pologne a effectivement prolongé de trois mois l’interdiction d’accès la frontière polono-biélorusse.

« Cette attitude aggrave encore la situation déjà très difficile (…) à laquelle sont confrontés de nombreux demandeurs d’asile et migrants bloqués à la frontière (…), entraînant de graves problèmes de santé chez beaucoup d’entre eux et plusieurs décès », déplore l’organisation paneuropéenne.

Dunja Mijatovic pointe aussi le « harcèlement » et « l’intimidation » – imputables en partie à la stigmatisation des migrants et des réfugiés dans le discours officiel – visant les organisations humanitaires, les militants et les habitants de la région qui font preuve de solidarité avec ces personnes ».

Depuis l’été 2021, l’Europe accuse le président bélarusse Alexandre Loukachenko d’exercer une pression migratoire le long des 400 kilomètres de la frontière polono-biélorusse, afin de se venger des sanctions européennes à son encontre après les élections contestées en 2020.

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