Les dirigeants alliés à la conférence de Yalta. De gauche à droite : le Britannique Churchill, l'Américain Roosevelt et le Soviétique Staline. © Getty images

Le 7 octobre 1949, le jour où l’Allemagne fut coupée en deux

C’est un pays en ruine. Plus de huit millions de nationaux sont morts. La plupart des dirigeants sont décédés ou sous les verrous. Quelques-unes des plus belles villes – Berlin, Cologne, Dresde… – se trouvent défigurées. D’importants dégâts ont été causés aux infrastructures, aux usines, aux réseaux de transport. Et des millions de citoyens n’ont plus de maison.

Mais le pire est ailleurs : l’Allemagne a perdu sa souveraineté. Dès la fin du conflit, ce sont les Alliés qui s’emparent de la direction de l’Etat. Ce n’est pas tout : pour satisfaire l’appétit des grands vainqueurs, l’ancien empire va être… découpé en petits morceaux !

Dès 1944, à Londres, les représentants des principaux alliés envisagent l’avenir de l’Allemagne. Comment s’assurer que celle-ci ne puisse plus troubler la paix mondiale ? En l’occupant, bien sûr ! En septembre, Britanniques, Soviétiques et Américains imaginent un premier plan de partage à trois. Quelques mois plus tard, les décisions sont confirmées à Yalta, en Crimée. Finalement, il est aussi décidé d’octroyer une zone d’occupation à la France.

Démilitarisation, dénazification, rééducation… C’est une entreprise de grande ampleur qui attend les occupants. De différentes manières, les dignitaires du IIIe Reich sont écartés. Mais rapidement, un clivage apparaît. Dans les zones gérées par les puissances occidentales, un embryon de démocratie revoit le jour, tandis que la naissance de nouveaux partis est encouragée. A l’Est, Moscou se lance dans des campagnes de nationalisation et dans d’importantes réformes agraires. Les Soviétiques favorisent aussi l’émergence d’un parti de gauche extrêmement puissant. Et unique. En avril 1946, le Sozialistische Einheitspartei Deutschlands est créé. Sentant le vent tourner, de nombreux démocrates gagnent alors l’une des zones occidentales.

Très vite, le dialogue se complique entre les différents occupants. Alors qu’un parfum de guerre froide commence à se répandre, Américains, Britanniques et Français se lancent dans des politiques communes. Et tentent d’ancrer l’Allemagne de l’Ouest dans le camp occidental. Moscou réplique sèchement. En juin 1948, les Soviétiques entreprennent de bloquer l’accès à Berlin. La division du pays apparaît alors déjà comme inéluctable.

Le 23 mai 1949, la République fédérale d’Allemagne voit le jour avec le soutien des Occidentaux. Le 7 octobre de la même année, la République démocratique allemande est créée sous l’oeil vigilant de Moscou. Dans la foulée, en rejoignant les premières organisations européennes et l’Alliance atlantique, la RFA creuse encore un peu plus le fossé. Un fossé que personne n’avait choisi… mais qui arrangeait bien tout le monde. Les Français notamment, que l’affaiblissement de leur grande voisine était de nature à rassurer. Le célèbre mot de Mauriac n’est-il pas d’ailleurs entré dans l’histoire :  » Nous aimons tellement l’Allemagne que nous préférons qu’il y en ait deux  » ?

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