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La pandémie de covid reprend en Asie et en Europe: une nouvelle vague est-elle à craindre?

Mélanie Geelkens
Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Ces dernières semaines, la pandémie de Covid reprend en Asie et en Europe: la Chine affronte sa pire flambée épidémique depuis 2020, à Hong Kong, les hôpitaux sont au bord de l’effondrement, et l’Allemagne continue d’enchaîner les records en matière de nouvelles contaminations au coronavirus. En Belgique, les indicateurs vont également dans le mauvais sens.

Quelle est la situation actuelle en Belgique?

En Belgique, les contaminations au Sars-Cov-2 et les hospitalisations continuent d’augmenter légèrement, selon les statistiques de l’Institut de santé publique Sciensano. Le taux de positivité s’inscrit lui aussi à la hausse.

Seul le nombre de décès baisse. Entre le 12 et le 18 mars, quelque 17 personnes (-15%) sont mortes en moyenne par jour des suites du coronavirus. Le taux de reproduction du virus, qui mesure le degré de contagiosité du virus, se situe à 1,04 (-2%). Lorsque cet indicateur est supérieur à 1, cela signifie que l’épidémie tend à s’accélérer.

Pourquoi le nombre d’infections au coronavirus augmente-t-il à nouveau ?

Comme toujours, plusieurs facteurs entrent en jeu. Le 7 mars dernier, le baromètre Covid passait en code jaune, entraînant la levée de presque toutes les mesures sanitaires. Les gens se réunissent davantage, fêtent le carnaval, partent aux sports d’hiver et ne sont que trop heureux de tomber les masques. Il y a aussi la montée du variant BA.2 d’Omicron, qui semble plus contagieux que la BA.1. Le variant Omicron BA.2 représente désormais la majorité des infections dans notre pays (environ 85%). Enfin, il y a une possible diminution de l’immunité due aux boosters.

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La situation dans les hôpitaux est-elle alarmante?

Dans plusieurs hôpitaux, les soins non urgents doivent être à nouveau reportés. Non seulement en raison de l’augmentation du nombre de patients atteints du coronavirus, mais aussi de l’émergence d’autres maladies, comme la grippe. Les hôpitaux sont également en train de rattraper leur retard en matière de soins. En outre, il y a toujours une grande pénurie de personnel. C’est dû, d’une part, au fait que le personnel de santé est fatigué par les deux dernières années et, d’autre part, à la maladie.

Selon une nouvelle analyse du Risk Assessment Group (RAG), l’augmentation des infections au coronavirus commence à se propager de la tranche d’âge 20-39 ans vers les groupes plus âgés, ce qui pourrait entraîner une augmentation plus forte des admissions à l’hôpital.

Toutefois, le nombre d’hospitalisations et de décès devrait rester relativement faible dans l’ensemble, grâce à la protection assurée par la vaccination, les médicaments et les infections antérieures. Cela devrait également être le cas pour d’éventuels futurs variants du coronavirus.

A quel point les experts sont inquiets ?

Comme d’habitude, les virologues sont sur leurs gardes. Toutefois, ils ne sont pas surpris par cette augmentation. Quand on lâche les mesures, le nombre de cas augmente automatiquement. Mais il n’est pas encore certain qu’il s’agisse du début d’une nouvelle vague. « À un certain moment, il faut arrêter de compter », déclarait le virologue Marc Van Ranst (KuLeuven) au quotidien Het Nieuwsblad. « C’est un phénomène cyclique, et vous espérez qu’entre-temps, les gens prennent l’habitude de faire attention« . Concrètement, cela signifie : portez un masque, faites un autotest et restez à la maison si vous êtes malade.

Inquiétude de l’OMS

La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également fait part de son inquiétude face à la remontée des cas de Covid dans le monde, alors même que les gens se font de moins en moins dépister. Maria Van Kerkhove, en charge de la lutte contre le Covid-19 à l’OMS depuis son apparition fin 2019, estime que la recrudescence du nombre de cas est le résultat d’une « combinaison de facteurs ».

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La vague d’infections est en grande partie alimentée par le sous-variant BA.2 d’Omicron, qui supplante déjà son frère BA.1 dans certains pays. Sans conteste, BA.2 « est le variant le plus contagieux du virus SARS-CoV-2 que nous ayons vu jusqu’à maintenant », a insisté Maria Van Kerkhove. A cela vient s’ajouter la levée des mesures sanitaires prises contre le Covid dans de nombreux pays, qui donne au virus « l’occasion de se propager », ainsi qu’une couverture vaccinale incomplète dans de nombreuses régions du monde.

Enfin, l’experte de l’OMS déplore la désinformation sur le Covid-19 qui circule à des niveaux très élevés: certains disent qu’Omicron est bénin et qu’il s’agit du dernier variant auquel le monde sera confronté, d’autres que la pandémie est terminée… « Tout cela est à l’origine d’une grande confusion », qui profite au virus.

Qu’en est-il du reste de l’Europe ?

Vendredi dernier, l’Allemagne a enregistré près de 300 000 infections en 24 heures. Il s’agit du plus grand nombre de cas de coronavirus enregistrés en une journée pour l’Allemagne depuis le début de la pandémie. Au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas, les chiffres du covid sont également à nouveau en hausse.

Et dans le monde?

Ailleurs dans le monde, le nombre de contaminations repart également à la hausse. La Chine connaît actuellement la pire poussée de Covid depuis le début de la pandémie de coronavirus fin 2019, en raison de la variante Omicron. L’Empire du milieu a toujours eu une politique de zéro Covid, ce qui signifie qu’il y a très peu d’immunité naturelle au sein de la population. « Nous devons toujours mettre au premier plan les gens et leur vie, nous en tenir […] à la politique du zéro Covid, et enrayer au plus vite la propagation de l’épidémie », a ordonné jeudi dernier le président Xi Jinping, selon des propos rapportés par la télévision publique.

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À Hong Kong, les hôpitaux sont submergés et le virus décime les personnes âgées. Là-bas, seuls 55% des plus de 80 ans ont reçu leur première dose de vaccin contre le coronavirus, et 36% ont été complètement vaccinés contre le covid-19.

Mercredi dernier, la Corée du Sud a signalé plus de 400.000 nouveaux cas de coronavirus, un nouveau record, alors que le pays continue d’assouplir les restrictions malgré la vague d’infections alimentée par Omicron.

Aux États-Unis, cependant, le nombre de nouvelles infections a chuté de manière spectaculaire ces dernières semaines, pour atteindre environ 40 000 cas quotidiens ces derniers jours. Au plus fort de l’Omicron, à la mi-janvier, les cas quotidiens aux États-Unis ont atteint un million. Une tendance à la baisse a également été signalée en Amérique du Sud, en Méditerranée orientale et en Asie du Sud-Est.

Avec AFP

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