Jens Stoltenberg © Reuters

La mission russe auprès de l’Otan réduite de 10 personnes

La mission russe auprès de l’Otan sera réduite de 10 personnes en réaction à l’utilisation d’un agent innervant à Salisbury, a fait savoir mardi le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse au quartier général de l’organisation de défense, à Bruxelles. Le camp occidental a déployé des représailles coordonnées après l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, attribué par Londres à la Russie.

« Nous avons décidé de retirer l’accréditation de sept membres du personnel de la mission russe auprès de l’Otan et rejeté les demandes d’accréditation de trois autres personnes qui étaient en attente. La taille maximale de la mission russe auprès de l’Otan est donc réduite pour être ramenée à 20 personnes », a indiqué le secrétaire général de l’organisation. « Il restera une mission diplomatique de la Russie auprès de l’Otan avec 20 personnes. Nous estimons que ce nombre permettra encore de maintenir un dialogue politique suffisant », a lancé M. Stoltenberg, soulignant que l’Alliance allait garder les canaux de dialogue ouvert avec Moscou. « Nous maintenons la double approche du dialogue et de la dissuasion (avec le Kremlin). Notre décision est une réaction, mais pas un changement de politique. Nous continuons à oeuvrer en faveur d’un dialogue politique avec la Russie. »

Le secrétaire général a confirmé la volonté de l’Alliance d’organiser cette année une prochaine réunion du conseil Otan-Russie (COR), l’instance de dialogue entre les deux parties qui se réunit régulièrement pour aborder les questions de sécurité. Vingt-trois pays, dont 16 membres de l’Union européenne et les Etats-Unis, ont déjà décidé d’expulser au moins 116 diplomates russes dans le cadre de représailles coordonnées. « La Russie aura moins de capacité pour effectuer du travail de renseignement dans les pays de l’Otan. Nous adressons ainsi un message clair: il y a un prix à payer et des conséquences lorsque l’on se comporte de cette façon », a encore lancé M. Stoltenberg.

Le secrétaire général a souligné que la décision s’inscrit dans le cadre d' »une réponse à un comportement dangereux et inacceptable de la Russie », faisant référence à l’annexion de la Crimée, aux cyberattaques émanant de Russie ou encore aux investissements faits par Moscou dans des équipements militaires lourds. « L’Otan a dû adapter sa posture vis à vis de la Russie. Nous investissons davantage pour notre défense. L’annonce (de la réduction de la représentation russe) s’inscrit dans ce schémas plus large de réaction face au comportement inacceptable et dangereux de la Russie », a pointé M. Stoltenberg.

La décision de l’Alliance de réduire la représentation russe est le résultat de consultations entre les Alliés et partenaires de l’organisation internationale de défense. Des consultations durant lesquelles le patron de l’Otan a également rencontré le conseiller à la sécurité nationale et le chef de la diplomatie britanniques.

Les sept ressortissants russes privés de leurs accréditations par l’Otan vont être expulsés de Belgique, a précisé à l’AFP une source proche du dossier. Et d’ajouter: « L’Otan décide et la Belgique exécute, en vertu des accords de siège », liés à l’implantation sur le sol belge du siège d’organisations internationales (Otan, UE, etc.). L’expulsion « devrait aller très vite », a encore confié cette source à l’agence de presse française.

Certains pays auraient voulu que la Belgique expulse des diplomates russes auprès des institutions internationales qui ont leur siège à Bruxelles mais accrédités formellement auprès de la Belgique. Un raisonnement qu’a rejeté le Premier ministre, Charles Michel.

Le comité ministériel restreint se réunira ce mardi en fin d’après-midi pour décider de l’attitude à prendre à propos de l’expulsion de diplomates russes. Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier à Salisbury dans le sud de l’Angleterre.

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Selon le gouvernement britannique, ils ont été victimes d’un agent neurotoxique militaire datant de l’époque soviétique, le Novitchok. La Russie dément toute implication. « Il s’agit du premier emploi d’un agent innervant sur le territoire de l’Alliance depuis sa création », a encore souligné le chef de l’organisation de défense.

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