Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a été agressé au couteau juste avant de prononcer son discours du 1er mai. © BELGA

La Fête du travail marquée par des violences

Les célébrations traditionnelles de la Fête du travail 1er mai ont été accompagnées de faits de violence à Paris, Berlin et Liège lundi. Les manifestations du 1er mai ont également été ternies par des violences aux Etats-Unis.

France

En France, le ministère de l’Intérieur évoque le rassemblement de 142.000 personnes à travers le pays, dans un contexte de campagne présidentielle tendu. A Paris, quatre syndicats ont appelé à « faire barrage » à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, sans pour autant inviter à voter pour son opposant Emmanuel Macron (En marche !). Des heurts ont éclaté dans l’après-midi, imputés à des activistes autonomes « Black Bloc ». Projectiles et cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l’ordre, blessant six policiers, selon la préfecture de police. Un agent a été sérieusement brûlé au visage. La foule a été dispersée par des gaz lacrymogènes. Cinq personnes ont été interpellées et deux placées en garde à vue, selon les médias français.

Allemagne

Des scènes similaires ont été observées outre-Rhin. Les violences envers la police ont été particulièrement marquées dans la ville de Halle, à 170 km de la capitale allemande, où cinq agents ont été blessés. Les forces de l’ordre s’interposaient entre des manifestants d’extrême droite et des contre-manifestants. A Stuttgart, un policier a également été blessé lors de protestations d’extrême gauche.

A Berlin, 8.000 manifestants de la gauche radicale se sont également rassemblés et plusieurs manifestants s’en sont pris à la police à l’aide de leurs étendards. Les forces de sécurité qui encadraient la manifestation ont eu recours à du gaz lacrymogène pour restaurer la paix. Une quarantaine de personnes ont été interpellées. Au même moment, un festival pacifiste réunissant 10.000 personnes était organisé non loin de la marche. A Hambourg, les manifestations se sont en revanche déroulées sans encombre, les syndicats attirant 8.000 personnes et une marche pacifiste 2.500 sympathisants d’extrême gauche.

Belgique

En Belgique, un homme a agressé à l’arme blanche le porte-parole national du PTB, Raoul Hedebouw, le blessant à la jambe. Ce dernier a été touché alors qu’il s’apprêtait à monter sur la scène. Il a toutefois prononcé son discours du 1er mai avant de se rendre à l’hôpital. L’assaillant (62 ans) fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt pour coups et blessures volontaires envers un député et pour port d’arme sur la voie publique sans motif légitime.

Le Premier ministre libéral Charles Michel a condamné l’attaque et souhaité un bon rétablissement à M. Hedebouw.

Etats-Unis

A Portland, la marche à laquelle participaient quelques centaines de personnes a dégénéré après que des anarchistes ont jeté des pierres, des bombes incendiaires et des canettes de soda sur les policiers. Plusieurs commerces du centre-ville ont été vandalisés et trois personnes arrêtées.

La police de Portland a demandé lundi en fin de journée aux habitants de se tenir à l’écart du centre-ville, indiquant sur son compte Twitter que la manifestation était « désormais considérée comme une émeute ».

A New York, la manifestation, qui appelait notamment à la défense des immigrés clandestins ciblés par l’administration Trump, a démarré calmement en fin d’après-midi à Foley Square, au sud de Manhattan. Le maire démocrate Bill de Blasio avait fait une brève apparition. Mais les choses se sont tendues en soirée, lorsque que la manifestation a été rejointe par un autre groupe de manifestants venus de Union Square.

Un petit groupe d’une vingtaine de manifestants pro-Trump brandissant drapeaux américains et pancartes « Make America Great Again » (« Rendre sa grandeur à l’Amérique »), le slogan de campagne du président américain, s’est alors retrouvé au milieu de la foule.

Des manifestants anti-Trump vêtus de noir, visages découverts mais arborant les drapeaux noirs des anarchistes, sont également apparus à ce moment-là.

Les deux groupes se sont mis à s’invectiver, a constaté une journaliste de l’AFP. Une cinquantaine de policiers sont arrivés très vite pour séparer les deux groupes, empêchant de possibles violences. La manifestation a commencé à se disperser peu après 20H00 locale.

Plus tôt dans la journée, 12 manifestants avaient été arrêtés devant le siège de la banque JP Morgan, où ils dénonçaient la supposée complicité de certaines banques accusées de financer des centres de détention pour immigrés, selon un communiqué des associations ayant appelé à cette action.

D’autres manifestations anti-Trump ont eu lieu lundi à travers les Etats-Unis, notamment à Chicago (nord), où plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme, en arborant des drapeaux américains, mexicains ou celui arc-en-ciel de la communauté homosexuelle.

Plusieurs milliers de personnes ont également défilé à Los Angeles (ouest), à l’appel d’une centaine d’organisations, sous le mot d’ordre « Los Angeles résiste ».

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