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« J’ai renoncé à enclencher ma ceinture »: Abdeslam sort brièvement du silence au procès du 13-Novembre

Le principal accusé des attentats de 2015 en région parisienne, Salah Abdeslam, est brièvement sorti de son silence mercredi devant la Cour d’assises spéciale de Paris, réaffirmant avoir « renoncé » à se servir de sa ceinture explosive lors des attaques meurtrières du 13 novembre 2015.

« J’ai renoncé à enclencher ma ceinture, pas par lâcheté, pas par peur, mais je voulais pas, c’est tout », a déclaré Salah Abdeslam en réponse à une demande d’une avocate des parties civiles. Le seul membre encore en vie des commandos jihadistes opposait le silence, depuis environ deux heures, aux questions de la cour, de l’accusation et des premiers avocats de parties civiles quand il a décidé de fournir quelques réponses. Me Claire Josserand-Schmidt avait débuté son tour de questions en rappelant au principal accusé sa « promesse » lors d’un précédent interrogatoire sur le fond du dossier de donner des explications. « Les parties civiles ne cherchent pas à vous poser des questions pour vous piéger, mais pour chercher à comprendre, à vous comprendre », a insisté Me Josserand-Schmidt. Se disant d’abord « navré », Salah Abdeslam a finalement accepté de « répondre à quelques questions ».

Le principal accusé au procès des attentats meurtriers de novembre 2015 en France, Salah Abdeslam, avait décidé plus tôt d’exercer son « droit au silence » en refusant de répondre aux questions de la cour d’assises spéciale de Paris.

« M. le président, Messieurs et Mesdames de la cour, aujourd’hui je souhaite faire l’usage de mon droit au silence« , a affirmé Salah Abdeslam à l’ouverture de l’audience, provoquant des soupirs sur les bancs des parties civiles. Cette audience devait être consacrée à son interrogatoire sur la soirée du 13 novembre 2015, avec comme question notamment: a-t-il remplacé au pied levé Mohamed Abrini dans les commandos?

« Bien, je vais poser des questions et je n’aurai pas de réponse, c’est ça ? », dit le président Jean-Louis Périès. « Oui, c’est ça », répond l’accusé, habillé tout en noir, d’une voix calme. « Pour quelles raisons ? », insiste le président désarçonné et déçu par l’attitude de l’accusé. « Vous avez été parfois provocateur, je vous l’ai dit, mais vous avez pu avoir des propos compréhensifs à l’égard des victimes », explique-t-il à Abdeslam. « Il y a beaucoup de raisons de ne pas parler. C’est aussi pour qu’on ne me qualifie pas de provocateur que je ne souhaite plus m’exprimer. C’est mon droit, je n’ai pas à me justifier« , répond l’accusé d’une voix calme et claire. Le droit au silence, « c’est un droit que j’ai et je ne souhaite pas donner d’explications », poursuit-il. « J’ai fait des efforts, j’ai gardé le silence pendant six années. Puis j’ai changé d’avis, je me suis exprimé à l’égard des victimes avec respect. Aujourd’hui, je ne veux plus m’exprimer. Je n’arrive plus », dit-il avant de s’assoir sur son banc.

Salah Abdeslam, 32 ans, est le seul membre encore en vie de ces attaques qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et à Saint-Denis, en région parisienne.

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