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Immigration : « L’Europe ne prendra jamais modèle sur l’Australie »

Pour l’Union européenne, il n’est pas question de reprendre le modèle australien pour l’approche des boat-people. C’est ce qu’a déclaré une porte-parole de la Commission européenne suite aux suggestions australiennes sur la problématique des boat-people.

Le premier ministre australien Tony Abbott avait fait comprendre que les fonctionnaires australiens et européens s’étaient entretenus sur l’approche des boat-people, même si la porte-parole de la Commission a déclaré ne pas être au courant. Qui plus est, elle a indiqué que l’Union européenne applique le principe de non-refoulement. « Nous n’avons pas l’intention de modifier ce principe, on ne se basera donc jamais sur le modèle australien ».

« Une leçon claire »

Depuis qu’un naufrage en Méditerranée a coûté la vie à 800 migrants, Abbott ne laisse passer aucune occasion pour faire l’éloge du succès de sa politique auprès des Européens. L’opération baptisée Sovereign Borders est destinée à renvoyer les demandeurs d’asile vers un pays de transit avant qu’ils n’atteignent la côte. Ceux qui arrivent quand même en Australie sont placés dans des camps offshore sur des îles, où l’on examine leur demande d’asile. Cependant, même si leur demande est considérée comme légitime, dans le meilleur des cas ils pourront rester sur une île.

Le gouvernement affirme que depuis le lancement de l’opération fin 2013, il n’y a presque plus de bateaux de migrants qui essaient de se rendre en Australie et qu’il n’y a plus eu de naufrages. « L’opération Sovereign Borders nous montre comment bien agir pour nos citoyens (…) mais également comment agir correctement avec ces pauvres gens trompés qui meurent souvent en succombant à la tentation des trafiquants d’êtres humains » estime Abbott.

Atteinte au droit international

Cependant, selon les défenseurs des droits de l’homme, l’opération australienne viole le droit international. Le principe de non-refoulement interdit en effet de renvoyer des réfugiés vers leur pays d’origine s’ils y risquent des poursuites et ce précepte vaut également pour les migrants interceptés en pleine mer. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a d’ailleurs fait part de son inquiétude à propos du programme australien.

Le week-end dernier, plus de 6.300 réfugiés ont été sauvés en Méditerranée et dix personnes sont décédées. En réaction aux catastrophes maritimes, l’Union européenne a décidé de renforcer l’opération de surveillance des frontières Triton.

Selon les chiffres d’Eurostat, 450 000 demandes d’asile ont été déposées dans l’UE en 2013, dont près de 12% provenaient de réfugiés syriens. Près des trois quarts de ces demandes ont eu lieu en Allemagne, en France, en Suède, au Royaume-Uni , en Italie et en Belgique.

L’office européen de statistiques précise que 34% des demandes d’asile ont été acceptées en première instance alors que pour les décisions définitives (en appel ou en réexamen) ce taux ne s’élève qu’à 18%. Eurostat souligne que le traitement des demandes varie très fort d’un pays de l’UE à l’autre.

Belga/CB/AVE

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