© belga

Faut-il vacciner les réfugiés ukrainiens? Quand la guerre devient aussi un enjeu sanitaire

Le Vif

Les ministres européens de la Santé ont discuté de la nécessité d’améliorer la vaccination des réfugiés fuyant l’Ukraine, en particulier celle des enfants contre les maladies telles que la poliomyélite et la rougeole. La guerre en Ukraine représente aussi un défi sanitaire pour les Etats membres de l’UE.

Il peut paraître secondaire face au drame vécu par des millions d’Ukrainiens. Pourtant, le défi sanitaire imposé par la guerre représente un nouvel enjeu majeur pour l’Union Européenne. Car dispenser des soins de santé aux millions de nouveaux réfugiés ukrainiens n’est pas une simple formalité. Et assurer la prise en charge de blessés et de malades pourrait à nouveau mettre les systèmes de soins de santé des Etats membres sous pression.

Très vite, la question de la vaccination des réfugiés ukrainiens est arrivée sur la table des hauts responsables européens. « Nous considérons que la couverture vaccinale contre la poliomyélite, la rougeole et le Covid-19 est une priorité », a déclaré la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, lors d’une réunion à Bruxelles.

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a annoncé que quelque 200.000 vaccins contre la diphtérie et le tétanos allaient être envoyés à l’Ukraine grâce à un don du laboratoire Sanofi, et que 70.000 doses supplémentaires étaient destinées aux réfugiés ukrainiens en République tchèque, Slovaquie et Moldavie.

Actuellement, quelque 3,9 millions de personnes ont déjà fui, en dehors d’Ukraine, la guerre déclenchée par la Russie.

Couverture vaccinale « bien inférieure » en Ukraine que dans l’UE

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a pour sa part souligné que la couverture vaccinale contre les maladies infectieuses comme la rougeole ou la tuberculose était « bien inférieure » en Ukraine que dans l’UE.

Il a ajouté qu’il fallait faire preuve de pédagogie en matière de vaccination. « Il est évident que quand les familles de réfugiés arrivent, on ne va pas se précipiter sur elles avec un vaccin à la main pour les protéger », a-t-il dit.

« En revanche nous ouvrons des droits à la santé immédiatement dans tous les Etats membres dans lesquels arrivent des réfugiés, ce qui permet de mettre en place des check-ups de santé et c’est là (qu’il faut) prendre le temps d’expliquer l’intérêt de le faire et d’accompagner », a poursuivi le ministre français.

« Il y a beaucoup d’inquiétude vis-à-vis de la vaccination en Ukraine, c’est aussi pour cela que les taux de couverture sont assez faibles« , a-t-il relevé.

« Des lacunes qui menacent les réfugiés eux-mêmes et non la population européenne »

« Il y a de grandes lacunes en matière de vaccination chez ceux qui viennent d’Ukraine, pas seulement concernant le vaccin anti-Covid, mais aussi d’autres vaccins », a ajouté son homologue allemand, Karl Lauterbach. Ces lacunes « doivent être comblées » mais « elles menacent les réfugiés eux-mêmes et non la population » européenne, a-t-il précisé.

L’Ukraine, pays dont le système de santé était déjà délabré avant la guerre, fait partie des pays les plus sceptiques à l’égard des vaccins d’une manière générale, selon une publication du magazine américain Nature en 2019.

Sur les presque 4 millions de réfugiés qui ont déjà quitté l’Ukraine, une très grande partie sont des personnes vulnérables : femmes, femmes enceintes, enfants, ou personnes âgées. Ce ne sont pas seulement des soins d’urgence qui doivent être assurés, mais aussi les soins primaires, a indiqué un commissaire européen.

Quels droits en Belgique?

Les réfugiés ukrainiens qui arrivent en Belgique auront droit à une protection temporaire, qui leur permet de s’inscrire à une mutuelle ou de créer un numéro d’identification à la sécurité sociale afin d’être vaccinés et testés gratuitement.

La situation de santé interne en Ukraine est également préoccupante. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, une personne sur trois parmi les déplacés souffre d’une maladie chronique. L’OMS dénombre également 64 attaques contre des structures médicales, ce qui n’améliore évidemment pas la situation sanitaire sur place. Pour atténuer le choc, l’UE tente d’acheminer des médicaments et du matériel médical en Ukraine.

Avec AFP.

Partner Content