European Commission President Ursula von der Leyen speaks during a debate regarding economic sanctions against Russia, during a plenary session at the European Parliament in Strasbourg, eastern France, on May 4, 2022. (Photo by PATRICK HERTZOG / AFP) © Belga

Vers un sixième paquet de sanctions : quelles sont les mesures déjà prises par l’UE contre la Russie ?

Stagiaire Le Vif

L’Union européenne s’apprête à se mettre d’accord sur un sixième « paquet de sanctions » envers la Russie, incluant notamment l’embargo sur le pétrole. Depuis le début de la guerre, de nombreuses mesures ont été prises afin d’affaiblir l’économie russe. Retour sur les cinq premiers volets de restrictions.

Les sanctions de l’Union européenne contre la Russie ne sont pas nouvelles : depuis 2014, date de l’annexion de la Crimée, les Vingt-Sept ont adopté une série de pénalités, notamment l’interdiction de voyager au sein de l’UE pour certains Russes. Mais lorsque le Kremlin a annoncé, le 21 février, l’indépendance des territoires séparatistes pro-russes de Donetsk et de Louhansk, puis a attaqué l’Ukraine 3 jours après, les mesures restrictives ont pris une autre envergure.

Secteur financier, transport, énergie, des pénalités qui n’ont jamais été aussi sévères ont été prises pour condamner cette invasion et affaiblir l’économie russe. En tout : cinq paquets de sanctions ont vu le jour.

La première vague de restrictions, survenue la veille de l’invasion, a réduit l’accès de la Russie aux marchés capitaux et services financiers de l’Union Européenne, afin d’augmenter ses coûts d’emprunt. L’importation de marchandise en provenance des zones de Donetsk et de Louhansk a, quant à elle, été interdite.

L’Union européenne, dans son deuxième volet de sanctions pris en urgence suite à l’envahissement de l’Ukraine, a gelé des avoirs que Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires Etrangères, possédaient dans l’UE. Ils n’ont également plus eu accès aux pays membres, tout comme de nombreux diplomates et hommes d’affaires. L’accès de la Russie aux marchés de capitaux de l’UE a été coupé, afin d’atteindre leur marché bancaire et affaiblir leur base industrielle.

Pour dégrader le secteur pétrolier, les exportations de biens et technologies spécifiques aux raffineries de pétroles ont été interdites. La même stratégie a été mise en place pour le secteur de l’aviation.

Dans le troisième paquet de mesures, adopté le 28 février, les Etats membres se sont accordés sur l’exclusion de plusieurs banques russes du système bancaire Swift. Une décision également prise par le Canada, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le but est de déconnecter ces banques du système financier international.

En outre, les transactions avec la Banque centrale russe ont été interdites, tout comme le survol de l’espace aérien de l’UE, qu’il s’agisse de jets privés ou des grandes compagnies aériennes. En parallèle, pour soutenir l’Ukraine, 500 millions d’euros ont été débloqués pour financer des équipements et des fournitures destinés à l’armée ukrainienne.

Un nouveau secteur a aussi été visé : celui des médias, afin de lutter contre la désinformation. Les radios Russia Today et Sputnik ont été interdites de diffusion dans l’UE.

Le quatrième ensemble de restrictions, soumis le 15 mars, a interdit toute transaction avec certaines entreprises publiques russes ainsi que tout nouvel investissement dans le secteur de l’énergie. Des restrictions commerciales concernant le fer, l’acier et les produits de luxes ont aussi été instaurées. Ce nouveau volet élevait à 877 personnes et 62 entités russes concernées par ces répressions.

Le cinquième et à ce jour dernier train de sanctions est survenu suite à la découverte du « massacre de Boutcha », où des centaines de cadavres de civils ont été trouvés. Les interdictions visaient les importations de charbon et autres combustibles provenant de Russie, tout comme le bois, le ciment les produits de mer et les alcools. Les ports et les routes de l’Union Européenne ont été bloqués aux navires et transporteurs russes.

Le sixième paquet de sanctions à venir

Le 4 mai, Ursula von der Leyen proposait une série de nouvelles mesures contre le Russie, notamment à l’égard du pétrole russe. L’Union Européenne a en effet continué d’importer de grandes quantités de pétrole de Russie, ce qui n’a fait que renflouer les caisses du Kremlin. Mais l’embargo total est difficile à approuver pour certains pays, comme la Hongrie, très dépendante du pétrole russe.

De nouvelles restrictions liées aux médias sont aussi discutées, afin de bannir trois grands radiodiffuseurs russes dans les Etats membres. Leurs contenus seraient interdits, que ce soit par satellite, internet ou smartphones. Enfin, une des banques russes les plus importantes, la Sberbank, pourrait être aussi exclue du système Swift. Elle représente à elle seule 37% du marché bancaire russe.

Sarah Duchêne

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