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UE: les populistes de droite représentés dans 23 États sur 28

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste au Vif

Les partis de droite radicale, d’extrême droite ou eurosceptiques sont de plus en plus représentés dans les parlements nationaux de l’UE. Dernier en date : le parti Vox en Espagne.

Les élections législatives en Espagne ont vu le parti d’extrême droite Vox faire son entrée au parlement espagnol avec 24 sièges (10,3% des suffrages). Il s’agit du premier groupe d’extrême droite à être représenté en Espagne depuis la chute du régime franquiste, même si certains estiment que cette représentation politique a longtemps été masquée dans l’aile droite du parti conservateur espagnol, le Partido Popular. Le mouvement Vox semble avoir récupéré les voix du PP, qui affiche un résultat historiquement bas. Bien qu’il rejette « l’étiquette extrême droite », il présente des similitudes avec d’autres partis du même acabit en Europe, avec notamment une ligne anti-immigration.

Les Européennes en ligne de mire

Avec Vox, les partis populistes de droites, eurosceptiques ou d’extrême-droite sont désormais représentés dans 23 parlements nationaux de l’Union européenne sur 28, dénombre The Independent. L’Irlande, Malte, le Portugal, la Roumanie et la Croatie sont les seuls pays qui n’ont pas de tels partis dans leur parlement, définis comme apparentés aux groupes politiques européens EFDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe) et CRE (Conservateurs et réformistes européens), note le quotidien britannique. Certains pays ont également des partis qui ne sont pas affiliés à un groupe particulier, mais que les politiques et observateurs jugent « d’extrême droite », comme le Jobbik hongrois et le parti Aube Dorée en Grèce.

La droite radicale est promise à des résultats significatifs lors des prochaines élections européennes, qui auront lieu du 23 au 26 mai. Les dernières projections officielles montrent que ces formations représenteraient le plus grand groupe politique si elle s’unissait au sein d’une seule et même alliance. Mais les divergences et les rivalités entre les différentes formations rendent cette éventualité peu probable, malgré les efforts de figures de proue pour les rapprocher, comme le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini ou Steve Bannon, l’ex-conseiller de Donald Trump.

Une présence qui dure, malgré les chutes

Cette tendance va-t-elle pour autant se poursuivre au niveau du continent ? Il se pourrait que l’élan soit plus mesuré. En effet, Vox a obtenu un résultat inférieur à celui des élections régionales andalouses de l’année dernière, et la plupart des gains pour les partis d’extrême droite semblent simplement rattraper les changements intervenus dans les parlements nationaux depuis les dernières élections européennes en 2014.

En Allemagne, par exemple, l’AfD (Alternative für Deutschland) fait environ 12% dans les sondages, soit un peu moins qu’aux élections nationales en 2017, où il avait fait une véritable percée. D’autres partis d’extrême droite ont subi des chutes plus importantes, rappelle The Independent, qui cite le Parti populaire danois. Cependant, malgré la stagnation ou, dans certains cas, la chute, ces partis se retrouvent dans la plupart des parlements de l’UE et les élections prochaines nous diront s’ils sont là pour rester.

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