Carles Puigdemont © RAMON COSTA/GETTY IMAGES

Le Vif/L’Express a conversé 6 mois avec Carles Puigdemont: plongée dans les pensées d’un anarchiste

Olivier Mouton
Olivier Mouton Journaliste

Olivier Mouton, journaliste au Vif/L’Express, s’est entretenu pendant six mois avec l’ex-président catalan. Le livre qui en résulte, La crise catalane, une opportunité pour l’Europe, permet de cerner la personnalité d’un homme à la conviction indépendantiste tenace. Qui veut réveiller l’Europe.

La crise catalane, une opportunité pour l’Europe.  » C’est le titre du livre d’entretiens avec Carles Puigdemont qui sort ce mardi 25 septembre en français (1), néerlandais et catalan. Le président catalan sortant prend le temps d’expliquer son projet aux citoyens européens. Sa vision est, il en est conscient, sulfureuse : l’ancien maire de Gérone est à l’origine du référendum pour l’indépendance de la Catalogne du 1er octobre 2017 et a été destitué par Madrid à la fin de ce même mois, peu après une déclaration d’indépendance jugée anticonstitutionnelle. S’il a trouvé refuge à Waterloo, en Belgique, ce n’est pas par hasard : chez nous, il souhaite  » parler à l’Europe « . Pour la convaincre du droit à l’autodétermination de son peuple. Mais, aussi, pour démontrer que la crise catalane est le reflet d’un malaise profond de l’Union européenne. D’un fossé croissant entre élites et citoyens.

Chaque jour, son lot de supporters de la cause viennent rendre hommage au président.

Pour le regard neutre d’un journaliste, la rédaction d’un tel livre est une opportunité unique pour comprendre la psychologie, le fonctionnement et la pensée d’un indépendantiste convaincu. D’autant que ce nationalisme régional, bien que pouvant paraître anachronique en ce début de xxie siècle, fait écho aux préoccupations de nombreux Européens, de la Catalogne à l’Ecosse en passant par la Flandre. Qu’est-ce qui motive cet homme politique à bousculer l’ordre établi ? Pourquoi a-t-il pris délibérément le risque de finir ses jours en prison, en défiant l’une des grandes démocraties européennes ? La réponse à ces questions, contrastée, méritait bien une réflexion de près de deux cents pages.

Dans les locaux de la
Dans les locaux de la « Maison de la Catalogne » à Waterloo, là où une partie des entretiens ont eu lieu.© DR

De Waterloo à Berlin

Flash-back, à la source du projet. Lundi 12 février 2018. Le téléphone sonne, à l’aéroport de Barcelone, au retour d’un match du Barça, vu en compagnie des jeunes du BX Brussels. Dans les tribunes du Camp Nou, des appels à la libération des  » prisonniers politiques  » du 1er octobre. Il n’y a pas de hasard : au bout du fil, la proposition de l’éditeur Lannoo concerne précisément la Catalogne et son président en exil. Partant pour le rencontrer longuement, pour le laisser s’expliquer, en le confrontant aux critiques ? Le sujet est certes délicat – et très mal vu en Espagne. Mais n’est-ce pas le sens de notre métier de comprendre, décrypter et regarder le monde sans tabous ? Oui, partant ! Quelques jours plus tard, une première rencontre est organisée dans les locaux de l’éditeur, au coeur de Tour & Taxis à Bruxelles. Puigdemont est affable. Réservé. Pudique. Un rien Beatles sur les bords, avec sa coupe de cheveux. On le découvrira plus tard : partout où il passe, il emmène sa guitare.

Pour cerner sa pensée, des heures et des heures de discussion sont indispensables. Tout commence à Waterloo, avenue de l’Avocat (ça ne s’invente pas), où la grosse maison bourgeoise qu’il loue a été propulsée  » Maison de la Catalogne « . Chaque jour, son lot de supporters de la cause viennent rendre hommage au président. A deux rues de là, une autre maison bourgeoise affiche en guise de riposte un drapeau espagnol, témoignage d’un pays déchiré. Le 25 mars, Carles Puigdemont est arrêté en Allemagne au retour d’une visite en Finlande. La veille du départ, il nous confiait sa crainte de voir le mandat d’arrêt européen renouvelé par l’Espagne.  » Je sais que je peux aller en prison à tout moment.  » Le séjour en cellule est court. Le voilà assigné à résidence en Allemagne. Les entretiens se poursuivent, plusieurs jours, dans un appart-hôtel au centre de Berlin. Où un petit drapeau catalan côtoie l’ordinateur pour les vidéo-conférences, une photo de sa famille et, toujours, la guitare.

Cet ancien journaliste engagé continue, aujourd’hui encore, à contrôler en coulisses la politique catalane. Il prône la résistance non violente, inspirée par Nelson Mandela et Martin Luther King, dénonce à tour de bras les fantômes de Franco qui demeurent en Espagne et rappelle sans cesse qu’il est arrivé au sommet par hasard. Il n’aspire qu’à une chose : retrouver une vie normale, dans les rues de Gérone où les gens se disent encore bonjour. Carles Puigdemont se dévoile encore croyant, catholique, mais très critique à l’égard du Vatican. Et à l’image des Catalans depuis toujours : anarchiste, créatif, progressiste, radicalement démocrate… Révolutionnaire, aussi. Son obsession indépendantiste est omniprésente. De même que ses critiques à l’égard du pouvoir à Madrid.

Fête catalane du 11 septembre 2018 : le drapeau indépendantiste, avec l'étoile, est devenu une attraction touristique.
Fête catalane du 11 septembre 2018 : le drapeau indépendantiste, avec l’étoile, est devenu une attraction touristique.© ANTONIO CASCIO/BELGAIMAGE

Son récit national catalan

Son verbe est posé, en français, avec des tournures de phrase marquées par le catalan. Il défend son projet, sans cesse, et construit un récit national à la façon d’un storytelling obsessionnel, au coeur duquel l’intervention violente de la police espagnole contre les électeurs du référendum du 1er octobre 2017 occupe une place centrale.  » Quelle est l’Europe que vous préférez, celle d’un homme qui vote ou de la matraque qui frappe ?  » martèle-t-il. Son indépendantisme forcené en sort conforté, mais il vient de loin, de bien plus loin. D’une frustration du passé, avant tout. Il faut creuser dans son enfance, ce qu’il n’apprécie guère parce qu’il s’agit de parler de lui. Quand le petit Puigdemont ne pouvait pas s’appeler Carles mais Carlos, du temps de Franco, parce que le catalan était banni de l’état civil. Dans la mémoire familiale, comme dans la société catalane, les atrocités de la guerre civile de 1936-1939 restent un traumatisme. Voilà la première raison pour laquelle l’ancien président devient indépendantiste. Même si, jeune, il est conscient d’être minoritaire.

Avec le retour de la démocratie, après la mort de Franco en 1975, la Catalogne retrouve son autonomie et la foi en l’avenir, au coeur d’une Espagne européenne. Son désir d’indépendance est mis au frigo pendant vingt ans. Le virage décisif survient à la fin des années 1990, après l’arrivée au pouvoir à Madrid du Parti populaire de José Maria Aznar. L’autonomie catalane, qui avait été élargie par le dialogue, est rabotée lors de négociations avec un gouvernement espagnol devenu intransigeant.A la suite de son adoption par voie de référendum en Catalogne, cette nouvelle autonomie est, in fine, pratiquement réduite à néant par la Cour constitutionnelle espagnole, après un recours déposé par un Parti populaire revenchard, en raison de son renvoi dans l’opposition en 2004. Cette époque tumultueuse est à la source de son aspiration indépendantiste décuplée, d’autant qu’elle est portée par un mouvement populaire et sort renforcée lors des élections régionales de 2015.

La conviction de Carles Puigdemont s’est aussi nourrie sur le chemin de l’histoire européenne récente, qui montre que la création de nouveaux Etats est possible. Il se rend en Slovénie en 1991, quand le pays devient indépendant à l’issue d’une guerre éclair. Il suit de près l’avènement de tous les pays issus de l’ex-Yougolsavie. Dont le Kosovo : même si ce nouvel Etat n’est pas reconnu par tous, sa déclaration unilatérale d’indépendance constitute un précédent. Tous ces exemples montrent que son rêve, au fond, est parfaitement réalisable.

Carles Puigdemont devient un acteur clé en 2016, quand l’indépendantisme se retrouve majoritaire au parlement régional. Son élection à la présidence de la Generalitat l’emmène dans une logique en laquelle il croit profondément, mais qui le dépasse. Utopiste ? Jusqu’au-boutiste ? Naïf ? Manipulé par des partenaires plus radicaux que lui ? Ou par des intérêts économiques égoïstes, ce qu’il réfute ? Un peu de tout cela, sans doute. Mais il est déterminé à ce que le peuple de Catalogne puisse décider lui-même de son avenir dans les urnes. Quand on décode son discours, on comprend que c’est la reconnaissance du droit à l’autodétermination qui lui importe, davantage que l’indépendance en elle-même. Au moment de la déclarer, le 27 octobre 2017, Puigdemont hésite, cherche encore à contacter Madrid, se retrouve coincé par une fin de non-recevoir de la part du Premier ministre de l’époque, Mariano Rajoy (Parti populaire), qui préfère… lui parler de football. Il le confie : lui et les siens ne pensaient jamais que Madrid déciderait d’une approche pénale et d’une riposte brutale. Au point qu’il en est arrivé – c’est ce qu’il affirme ! – à craindre pour sa vie.

Le récit de ce parcours occupe la première moitié du livre.

Carles Puigdemont en appelle à un médiateur européen et verrait bien Donald Tusk, président du Conseil, jouer ce rôle.
Carles Puigdemont en appelle à un médiateur européen et verrait bien Donald Tusk, président du Conseil, jouer ce rôle.© THIERRY ROGE/BELGAIMAGE

Anarchiste, pour une autre Europe

L’indépendantisme catalan version xxie siècle s’enracine aussi dans une volonté de réformer la démocratie en profondeur, en utilisant les mille et une possibilités offertes par les nouvelles technologies. Carles Puigdemont surprend quand il parle d’une démocratie davantage participative, d’une transition énergétique accélérée, d’une économie relocalisée grâce à une monnaie virtuelle, d’une région ouverte vers l’extérieur et accueillante à la migration. Ce n’est pas l’image que l’on se fait d’un nationalisme rabougri, replié sur lui-même. Mais alors, pourquoi ce désir d’indépendance ? Parce que l’Espagne bloque, sans cesse, parce qu’elle reste gangrenée par le franquisme, plaide-t-il. Puigdemont se défend, cherche une sortie de crise et lance un appel à une médiation européenne. Comme si tout ce qui s’est passé ces deux dernières années n’était, au fond, qu’un moyen de faire pression. L’homme, bien que remplacé à la présidence, est un héros qu’une partie de la Catalogne acclame et qu’une autre partie considère comme un aventurier dangereux et irresponsable.

(1) La crise catalane, une opportunité pour l'Europe, conversations avec Olivier Mouton, éd. Racine, 192 p.
(1) La crise catalane, une opportunité pour l’Europe, conversations avec Olivier Mouton, éd. Racine, 192 p.

Dans la tête de Carles Puigdemont, il y a aujourd’hui la volonté d’aboutir à une situation pour la Catalogne qui soit  » acceptable pour une génération « . En espérant que le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez, bien que minoritaire, offre de nouvelles perspectives. Mais dans son désir de convaincre les Européens de la justesse de sa cause, le Catalan veut aussi élargir le spectre de la discussion. Il rencontre des experts et des politiques aux quatre coins du continent. La crise catalane, dit-il, est une opportunité pour l’Europe parce qu’elle lui montre la voie d’un rapprochement entre la politique et les citoyens.  » Les petits Etats sont les mieux armés pour répondre aux défis du xxie siècle  » : tel est son credo en faveur de la décentralisation, un leitmotiv que le Mouvement flamand a longtemps porté. A ses yeux, les Etats ne sont pas éternels et les structures ne valent que pour leur efficacité et par l’adhésion citoyenne ! Voilà l’anarchisme contemporain.

Dans la tête de ce président en exil, il y a désormais un combat inlassable devant la justice de différents pays européens. Pour démontrer qu’il n’est pas un  » rebelle  » mais un légaliste – fidèle à la loi catalane, pas à la loi espagnole – et les premières décisions de justice lui donnent raison. Pour convaincre qu’il n’a pas détourné de fonds publics au profit de la cause catalane, aussi – cette question reste en suspens, l’Allemagne aurait pu l’extrader en Espagne pour cette raison, si cette dernière n’avait finalement pas retiré son mandat européen. Avec son avocat belge, Paul Bekaert, soutenu par ses amis de la N-VA, du Scottish National Party ou d’ailleurs, Carles Puigdemont pose sa vérité dans un livre. Il est conscient qu’il lui faudra des années pour, peut-être, obtenir gain de cause. Mais qui sait ? Le Brexit, le référendum écossais et les nombreuses confrontations entre populites et fédéralistes en témoignent : l’Europe évolue si vite, ces derniers temps…

Sur son indépendantisme

 » A ma naissance (NDLR : le 29 décembre 1962), mes parents n’avaient pas pu inscrire le prénom souhaité dans le registre communal,  » Carles « . Ils ont dû me prénommer officiellement  » Carlos « , en espagnol. Ce n’est qu’après la mort du dictateur (NDLR : le 20 novembre 1975) que c’est devenu possible, petit à petit jusqu’à la loi de 1983, une normalisation publique du catalan. Mes parents ont pu changer mon prénom à l’administration. Notre vie a changé. Cette liberté de penser est une grande découverte pour moi. Alors, pourquoi pas une Catalogne indépendante, obtenue de façon pacifique ? Pourquoi ne pas la construire petit à petit, en l’introduisant dans l’imaginaire collectif comme quelque chose de possible et désirable ? Politiquement, j’ai toujours travaillé avec des partis qui acceptaient une Catalogne dans une Espagne démocratique et décentralisée, en acceptant que cela pourrait me faire changer d’avis. Je suis encore, intellectuellement, persuadé de cette possibilité. Mais plus de quarante ans après la fin de Franco, l’expérience nous donne malheureusement bien des arguments pour prétendre qu’une relation sereine n’a été possible en tout ce temps. L’indépendance, à mes yeux, permettrait d’en finir avec tous les problèmes historiques entre nous et pouvoir gérer des nouveaux rapports fondés sur l’égalité et le respect, à partir de la reconnaissance mutuelle.

Durant l’été 1991, ma conviction qu’un chemin vers l’indépendance est possible se renforce encore à l’occasion d’un voyage fait en Slovénie, au moment de l’indépendance de cette ex-république yougoslave. Je suis alors intéressé par ce que l’on appelait le Mouvement des nations sans Etat en Europe : la Flandre, la Corse, le Pays basque, l’Ecosse, l’Irlande du Nord, la Bretagne… Nous, les indépendantistes catalans, suivons la réalité de ce qui se passe dans l’ancien bloc de l’Est avec un grand intérêt. Après la chute de l’Union soviétique, un important mouvement d’émancipation nationale a lieu, qui débute par la Lituanie et les Etats baltes. Peut-être ne sommes-nous pas encore prêts à suivre ces exemples, en Catalogne, mais ceux-ci rendent soudain possibles des évolutions indépendantistes susceptibles de changer la carte de l’Europe. J’ai envie d’assister en direct à ces mouvements historiques.  »

Sur la prison en Allemagne

 » J’arrive donc à la prison. On m’oblige tout de même à quitter tous mes vêtements pour enfiler la tenue officielle du prisonnier. On m’installe dans la cellule numéro 127 au rez-de-chaussée de l’aile la plus ancienne de cette prison, construite en 1905. Vous pouvez donc imaginer que ce n’est pas le plus grand luxe… Il y a une armoire, un lit, une table, un radiateur et une toilette. Avec une fenêtre, assez haute, forcément bloquée par des barreaux. La pièce est fermée par une lourde porte métallique, blindée. Je vis ces moments avec philosophie. Depuis de longues semaines, j’ai pris conscience que nous étions en guerre avec l’Espagne. Pas une guerre conventionnelle, bien sûr, mais un conflit très sérieux. Sachant cela, je suis préparé à toutes les éventualités : la prison, l’exil, les menaces… Ceci est un épisode de plus de cette guerre. Ce n’est pas un drame. Je me dis qu’il faut jouer avec cette péripétie supplémentaire. Même si je suis emprisonné, la partie n’est pas terminée pour autant. Il faut continuer, d’une autre façon. Je suis conscient que je ne suis pas là, dans cette cellule, parce que je m’appelle Carles Puigdemont et que j’ai commis un crime, mais parce que je suis le président de la Catalogne qui a décidé, pour des raisons politiques, quelque chose qui ne plaît pas à l’Etat espagnol. Je dois continuer la lutte, je ne peux pas sombrer dans la tristesse ou la dépression – ce n’est pas dans mon caractère. J’ai le sentiment, en entrant à la prison, de retomber en enfance, quand j’étais à l’internat, durant l’époque de Franco.  »

Sur le projet catalan

 » Notre objectif, c’est de bâtir un pays nouveau, afin d’arriver à une amélioration démocratique. Cette évolution, la construction d’une république du xxie siècle, digitale, entraîne de façon obligatoire un nouveau rôle pour les citoyens. Ce n’est pas une révolution classique qui veut détruire le système, c’est une révolution qui veut être aux côtés du système pour l’améliorer. Nous sommes arrivés au moment où la société catalane peut montrer à l’Europe qu’elle est arrivée à un stade de maturité susceptible de valoriser les talents et les connaissances au service de la cause commune. La Catalogne actuelle est une des sociétés les mieux préparées de l’histoire. En chacun d’entre nous, il y a un morceau de la responsabilité de la république. La démocratie catalane ne vit pas uniquement à travers la délégation des pouvoirs aux parlementaires ou aux élus locaux, elle est le fruit d’une participation de la population tout entière, qui peut être consultée en permanence. C’est tout le contraire du populisme qui consiste à scander des slogans pour obtenir un plébiscite. Dans la chaîne de décision classique, nous proposons d’incorporer un agent décisif : la citoyenneté. En permanence. Les outils technologiques permettent aujourd’hui d’intégrer cette dimension nouvelle, mais cette évolution est d’abord et avant tout le fruit de tous nos efforts et nos investissements pour construire une société cultivée, éduquée, démocratique, plurielle, multilingue, multiculturelle, et internationale. Ces acquis peuvent contribuer à l’amélioration du bien commun. Renoncer à cette possibilité, c’est un luxe que l’on ne peut pas se permettre. Il y a aujourd’hui des médecins, des musiciens, des architectes, des poètes, des professeurs ou des mécaniciens qui veulent contribuer à ce projet, sans pour autant être obligés de devenir des politiciens.  »

Sur l’Europe

 » L’Europe prône la défense des droits de l’homme partout dans le monde. Pourquoi ne peut-elle pas reconnaître qu’il y a un problème lorsqu’une partie de ses citoyens formule cette demande ? En étant à l’écoute de ces expressions, elle montrerait un visage que beaucoup attendent de l’Europe : une Europe sensible aux demandes des citoyens et pas uniquement à celles émanant des Etats. La majorité des Catalans croient à une citoyenneté européenne, comme une zone de sécurité démocratique, économique, pacifique. Si l’on ne se sent pas réellement en sécurité dans ce cadre-là, c’est que quelque chose ne fonctionne pas. La reconnaissance par l’Europe du problème politique catalan et son intervention pour trouver une solution à l’européenne, par le dialogue même si cela prend du temps, voilà qui serait de nature à nous rassurer.  »

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