Bernard Cazeneuve © AFP

France: l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve quitte le PS après l’accord avec LFI

Le Vif

L’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a annoncé à l’hebdomadaire régional La Manche Libre son départ du PS après la conclusion d’un accord en vue des législatives entre ce parti et La France Insoumise (gauche radicale).

« J’ai quitté le Parti socialiste en désaccord avec l’alliance passée avec le parti de Jean-Luc Mélenchon« , a déclaré M. Cazeneuve, évoquant « une formation politique, La France Insoumise, dont j’ai eu à subir la violence, l’outrance des positions, les insultes aussi quand j’étais au gouvernement, notamment lorsque s’est produite la mort de Rémi Fraisse », un militant mort lors d’une manifestation en 2014, alors que M. Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.

   Porté par ses près de 22% des voix et sa troisième position au premier tour de l’élection présidentielle le 10 avril, M. Mélenchon tente de former une coalition afin d’obtenir une majorité des 577 sièges à l’Assemblée nationale et d’imposer ainsi un partage du pouvoir au chef de l’État, le centriste libéral Emmanuel Macron. Il a réussi à conclure un accord avec Europe-Écologie Les Verts (EELV), principal parti écologiste, le Parti communiste (PCF) et depuis ce mercredi, avec le PS. Ce dernier accord doit encore être soumis à l’approbation interne des socialistes.

   Ces derniers semblent toutefois frileux à l’idée de cet accord, l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault le qualifiant de « rafistolage ». « Je suis profondément déçu par le texte qui vient d’être rendu public. Je vous dis mon désaccord avec regret », a déclaré M. Ayrault à l’AFP. « C’est du rafistolage », a-t-il estimé, dénonçant le « prix exorbitant » payé par le PS, qui serait « absent dans 500 circonscriptions sur 577 ». « Il y a une forme de démission qui n’est pas défendable« , a estimé l’ancien Premier ministre de François Hollande.

   Parmi ses points de désaccords avec le communiqué commun PS-LFI, l’ancien maire de Nantes a regretté « une espèce de fuite en avant » sur la question européenne. « Après un tel échec à l’élection présidentielle, je mesure l’aspiration à l’unité » de la gauche mais « on ne peut pas la faire à n’importe quel prix et au dernier moment, sur des bases à la fois floues et avec des désaccords aussi profonds », a fustigé M. Ayrault.

   Le premier tour des élections législatives françaises se tient le 12 juin.

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