Giorgia Meloni
Giorgia Meloni © Getty

Elections en Italie: Georgia Meloni partage la vidéo d’un viol sur les réseaux sociaux

Le Vif

« Je pense pouvoir diriger un gouvernement », s’est enflammée mardi soir pendant son premier grand meeting électoral Giorgia Meloni, la cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (FDI), qui caracole en tête des sondages en vue des législatives du 25 septembre. Dimanche dernier, elle a posté sur les réseaux sociaux la vidéo d’un viol dimanche à Piacenza d’une Ukrainienne par un demandeur d’asile.

« En toute conscience, je vous dis que je pense pouvoir guider un gouvernement » national, a lancé Georgia Meloni devant une foule de plus de mille personnes acquises à sa cause, qui l’a accueillie aux cris de « Giorgia, Giorgia ! », avec des dizaines de drapeaux du FDI, sur une petite place du centre d’Ancône, dans l’est de l’Italie.

Malgré son passé au sein des sphères post-fascistes et ses déclarations polémiques, cette Romaine de 45 ans est donnée favorite pour devenir la première femme à diriger un gouvernement de l’Histoire italienne à l’issue des prochaines élections.

« C’est une personne simple et sympathique qui a les idées claires (…) pour l’emploi, les retraites, pour tout », confie à l’AFP  Paolo Berardi, un ouvrier d’une cinquantaine d’années présent au meeting. « Avant je votais pour (le leader antimigrants et souverainiste de la Ligue) Matteo Salvini (…) Essayons le changement ».

Pour donner le coup d’envoi de sa campagne, Giorgia Meloni a choisi Ancône, une ville d’une centaine de milliers d’habitants sur l’Adriatique et capitale de la région des Marches, dont le président Francesco Acquaroli est membre de son parti, preuve selon elle que le FDI « est en mesure de gouverner ».

Derrière le visage lisse de cette femme blonde aux yeux bleus adepte du casual chic se dissimule une volonté de fer, palpable dans le ton combattif voire véhément qu’elle emploie en public. « Je veux que les gens aient l’Etat comme allié et non comme patron », lance-t-elle à la foule qui applaudit à tout rompre.

« Enfin une femme »

« Elle me plaît parce que c’est une femme, enfin une femme, et une personne concrète qui ne parle pas la langue de bois », s’enthousiasme Dora, une sexagénaire arrivée de Monza (nord) qui refuse donner son nom de famille.

La coalition des droites, dans laquelle le FDI est le principal parti aux côtés de la Ligue de Matteo Salvini et de Forza Italia de Silvio Berlusconi, est en tête avec 46%, devançant largement la gauche, à 30%, dans les enquêtes d’opinion.

Son programme est à l’unisson des autres formations européennes d’extrême droite : haro sur l’immigration et l' »islamisation », souverainisme antieuropéen, lutte contre les « lobbies » LGBT.

Evoquant la hausse des prix de l’énergie, elle a ainsi accusé l’UE « qui n’a pas considéré nécessaire discuter d’une stratégie énergétique » jusqu’à présent.

« Je pense que Giorgia Meloni est une personne très intelligente (…), j’ai confiance en elle et je suis convaincu qu’elle fera avancer la solution des problèmes des jeunes et des retraités », dit Istrian Giovanni, le secrétaire régional d’une association de retraités.

« Je n’ai pas peur »

Dernière polémique en date : Mme Meloni a posté sur les réseaux sociaux la vidéo d’un viol dimanche à Piacenza (nord) d’une Ukrainienne par un demandeur d’asile de 27 ans originaire de Nouvelle-Guinée, suscitant le désespoir de la victime et l’indignation de la gauche qui a dénoncé l’instrumentalisation de cette affaire. La vidéo a ensuite été masquée par Facebook, Instagram et Twitter pour violation de leurs règles d’utilisation.

La campagne électorale a jusqu’ici été plutôt morne et s’est déroulée essentiellement dans les médias et sur les réseaux sociaux, la plupart des Italiens étant encore sous la torpeur estivale.

« Août a été un mois perdu, pas un seul vote n’a été gagné par qui que ce soit. Climat morose, messages faibles, peu d’enthousiasme avec de vieux sujets qui n’interpellent pas les personnes », a analysé le politologue Giovanni Orsina, de l’université Luiss de Rome.

Giorgia Meloni tente de changer la donne : des dizaines de membres du mouvement de la jeunesse du FDI distribuaient ainsi des bracelets en caoutchouc avec écrit dessus « Meloni président » et une sorte de mots croisés « Renvoie à la maison la gauche et le Mouvement 5 Etoiles », antisystème et membre de tous les gouvernement italiens depuis 2018.

Et pour mobiliser la foule, elle lance à la fin de son meeting : »c’est une bataille personnelle, je veux libérer cette nation (…) je n’ai pas peur, je suis disposée à conduire cette bataille, je suis prête, et vous ? » « Ouiii ! », répond l’assistance.

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