De nouvelles violences en Corse après la mort de l’indépendantiste Yvan Colonna

Le Vif

Une manifestation en mémoire d’Yvan Colonna, militant indépendantiste corse et assassin d’un préfet mortellement agressé en prison, a une nouvelle fois dégénéré dimanche en Corse (sud-est de la France), avec de violents affrontements avec les forces de l’ordre.

Ces heurts entre plus d’une centaine de jeunes gens, souvent cagoulés et équipés de masques à gaz, et les policiers, ont débuté vers 16H00 (14H00 GMT) devant la préfecture, aussitôt après l’arrivée du cortège, qui a réuni 4.000 personnes selon la préfecture, 14.000 selon les organisateurs.

Loin de se disperser, nombre de manifestants observaient, voire encourageaient les casseurs, a constaté l’AFP. D’autres entonnaient l’hymne corse, le « Dio vi salvi Regina ».

Yvan Colonna est mort de ses blessures quelques jours après avoir été agressé par un autre détenu en prison, où il purgeait une peine de perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998.

Répondant aux jets de cocktails molotov et de bombes agricoles, les policiers ont répliqué avec des lances à eau et des grenades lacrymogènes. Une trentaine de personnes ont été blessées, dont au moins une grièvement, selon les pompiers. Aucun bilan n’a été fourni chez les forces de l’ordre.

De même source, plusieurs véhicules ont été incendiés. En fin d’après-midi, les affrontements se poursuivaient près de la mairie, non loin de la préfecture, où des fumées s’échappaient d’un immeuble dont une canalisation de gaz était en feu.

Des heurts ont également été constatés près de la caserne de CRS de Furiani, près de Bastia.

La manifestation s’était élancée vers 15h00 derrière deux larges banderoles portant le désormais traditionnel slogan « État français assassin ».

Stéphane Colonna, frère du défunt, se trouvait en tête, entouré de jeunes manifestants, des enfants pour certains, qui scandaient « État français assassin ».

Le rassemblement était organisé par un collectif nationaliste formé après l’agression d’Yvan Colonna, déjà à l’origine des grandes manifestations des 6 et 13 mars à Corte et Bastia, elles aussi achevées dans la violence.

Dans le cortège figuraient également Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de Corse, et Charles Pieri, ex-leader présumé du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), mouvement ayant récemment menacé de reprendre la lutte armée.

En visite en Corse mi-mars, le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin s’était engagé à ouvrir « dès la première semaine du mois d’avril » des négociations sur « l’ensemble des problématiques corses », dont « l’évolution institutionnelle vers un statut d’autonomie restant à préciser ».

Dans un document co-signé le 18 mars, MM. Darmanin et Simeoni avaient également convenu « que la mise en oeuvre de ce processus historique » ne pouvait « s’envisager que dans un cadre général apaisé et calme ».

Partner Content