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CGT et « gilets jaunes » manifestent ensemble à Paris

Le Vif

Plusieurs centaines de manifestants, gilets rouges de la CGT et « gilets jaunes » mêlés se sont élancés samedi peu après 13H00 du boulevard du Montparnasse à Paris, pour opposer une « riposte générale » au gouvernement et au Medef, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le carré de tête de la manifestation, à l’initiative de fédérations et unions départementales CGT, –mais en l’absence du secrétaire général de la confédération, Philippe Martinez–, marchait derrière une banderole proclamant: « face à une attaque globale, riposte générale ».

Cette action a aussi reçu le soutien du PCF, du NPA, de personnalités comme la journaliste Aude Lancelin ou la « gilet jaune » Priscillia Ludosky.

Dans le carré de tête, Amar Lagha (CGT Commerce), l’un des organisateurs interrogé par l’AFP, s’est montré déçu par l’intervention du président de la République jeudi. « Il n’y a rien eu sur le pouvoir d’achat », souligne-t-il. « Tant mieux pour les retraités, il est revenu sur la bêtise qu’il a faite. Sinon, silence total sur les cadeaux qu’il a faits aux grands groupes. Ce gouvernement n’a rien apporté. Le cap reste le même, la casse sociale ».

La sénatrice EELV Esther Benbassa, qui a été de toutes les manifestations des « gilets jaunes », a estimé que « du débat national n’est sortie qu’une souris. C’est bien qu’aujourd’hui nous soyons avec la CGT, parce qu’il faut que le peuple de gauche soit uni. Il y aura aussi le 1er mai pour dire non ».

Des gilets CGT d’Aéroports de Paris, de la CGT chômeurs, des services publics territoriaux parsemaient la manifestation. Certains étaient venus de Roubaix, du Tarn-et-Garonne ou des Bouches-du-Rhône, encadrés par un gros service d’ordre CGT. Des « gilets jaunes » étaient également bien visibles au sein du cortège.

Brigitte Couderc, secrétaire générale de la CGT commerce de la Gironde, estime pour sa part qu’avec les « gilets jaunes », « on ne peut pas parler d’alliance, mais on parle de plate-forme commune de revendications », car « on en a ras-le-bol de la politique économique et sociale du gouvernement ».

Cette manifestation, qui doit rallier la place d’Italie, fait figure de tour de chauffe avant la grande manifestation unitaire organisée par la CGT, FO, FSU, Solidaires, l’Unef (étudiants) et l’UNL (lycéens) le 1er Mai. Les 5,5 millions de fonctionnaires sont pour leur part appelés à une autre journée d’actions et de grève le 9 mai contre la réforme de la Fonction publique.

Les « gilets jaunes » tentent de se remobiliser

Deux jours après les annonces du président Emmanuel Macron en réponse à la crise sociale en France, les « gilets jaunes » tentent samedi de se remobiliser et ont commencé à manifester notamment à Paris et à Strasbourg.

Depuis plus de cinq mois, ces « gilets jaunes » descendent dans la rue tous les samedis pour réclamer plus de justice sociale et fiscale, lors de rassemblements parfois émaillés de violences. Jeudi soir, le président français a détaillé lors d’une conférence de presse un ensemble de mesures destinées à relever le pouvoir d’achat des plus pauvres et des classes moyennes.

A Strasbourg (nord-est), un préretraité, Pascal Harter, 58 ans, estime qu’il n’y avait « rien eu de concret » dans les annonces de M. Macron. « Cela m’a remotivé », a confié ce manifestant à l’AFP, jugeant que M. Macron s’en était tenu à du « blabla ».

Comme lui, à un mois des élections européennes, plusieurs centaines de « gilets jaunes » ont commencé samedi à converger dans le calme dans la ville siège du Parlement européen. Les organisateurs de cette « manifestation nationale et internationale » espèrent y attirer des manifestants allemands et belges.

Un drapeau allemand flottait effectivement parmi les drapeaux français. Des manifestants brandissaient aussi une caricature de « Macron = Picsou ». Une dizaine de fourgons de la police protégeaient les bâtiments municipaux voisins.

La préfecture du Bas-Rhin (nord-est) a interdit toute manifestation dans certains secteurs du centre historique de la ville, sur le parvis de la gare ainsi qu’aux abords des institutions européennes – Parlement européen mais aussi Cour européenne des droits de l’Homme et Conseil de l’Europe.

Pour ce 24ème samedi consécutif de manifestations, des rassemblements sont annoncés aux quatre coins de la France.

A Toulouse (sud-ouest), l’un des bastions de la mobilisation des « gilets jaunes », il est à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole, mais un appel des « gilets jaunes au centre » a néanmoins été lancé pour le début d’après-midi. A Lille (nord), Rennes (ouest) ou encore Rouen (nord-ouest), les manifestations sont également interdites dans le centre.

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