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Elections françaises, J-13: Macron toujours en tête, Le Pen atteint les 20% (infographie)

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste au Vif

Déclaré candidat en dernier, l’actuel président français Emmanuel Macron fait toujours figure d’ultra favori à sa réélection, porté notamment par son implication face à la guerre en Ukraine. Derrière, Marine Le Pen se place plus que jamais en favorite pour accéder au second tour, devant Mélenchon, qui profite d’une dynamique plutôt positive ces derniers jours.

La campagne est (enfin) lancée: les candidats n’ont plus que 13 jours pour convaincre des millions d’indécis, après des mois d’une campagne en sourdine. Les circonstances hors-France, notamment avec l’invasion russe en Ukraine, ont un peu relégué l’élection présidentielle française au second plan. Selon la candidate des Républicains Valérie Pécresse, la guerre en Ukraine « écrase tout ». Les candidats étaient pourtant prêts : pouvoir d’achat, migration… Chacun avait déjà préparé le terrain pour « son » sujet phare. Une situation qui semble profiter à Emmanuel Macron.

Macron, toujours grand favori

A moins de deux semaines du premier tour, le président est plus que favori à sa propre succession. Déjà largement en tête depuis des mois dans les sondages, les intentions de vote pour lui se sont envolées avec l’annonce de sa candidature, flirtant avec les 30% avant de légèrement redescendre ces derniers jours.

Le candidat a pourtant lui-même mis en garde ses troupes contre toute « arrogance », un reproche qui lui est souvent adressé par ses détracteurs. Mais depuis quelques semaines, il y a bel et bien un « effet Ukraine » sur la remobilisation des électeurs.

Tous les sondages le donnent réélu, quel que soit son adversaire au second tour. Selon le calcul réalisé par The Economist, Macron a 99% de chances d’accéder au second tour, et 91% de remporter l’élection – une projection était néanmoins à 98% la semaine dernière. Quel que soit son adversaire au second tour, tous les sondages le donnent vainqueur.

Le Pen remonte un peu, Mélenchon en embuscade

Dans ce contexte de guerre, les candidats sont contraints de se positionner, non sans contorsions. Parmi les onze autres concurrents, deux apparaissent en mesure de se hisser au second tour: Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. L’ex-polémiste Eric Zemmour et la candidate de droite Valérie Pécresse apparaissent de moins en moins susceptibles d’y arriver.

C’est Marine Le Pen qui semble pour l’instant le plus tirer son épingle du jeu, selon les différents sondages. La courbe des intentions de vote est plus ou moins restée stable ces derniers mois, et a même tendance à progresser ces derniers jours, frôlant les 20%. Ce n’est pas le cas, par exemple, de Valérie Pécresse, qui poursuit une baisse quasi constante. Zemmour, après une hausse suite à l’annonce de sa candidature et de sa formation Reconquête, s’est essouflé et se stabilise également.

Les raisons du décrochage sont différentes: ébranlée par un meeting très critiqué, Valérie Pécresse a passé beaucoup de temps à faire la synthèse des différentes sensibilités de son propre camp et peine à créer une dynamique face au président-candidat. Eric Zemmour est lui pénalisé pour ses propos jugés prorusses ou ses positions sur les réfugiés ukrainiens, et le ralliement de Marion Maréchal n’a pas provoqué d’engouement parmi les électeurs potentiels.

Du côté gauche de l’échiquier politique, seul Jean-Luc Mélenchon, dont c’est la troisième et dernière candidature, se révèle concurrentiel. Il bénéficie d’ailleurs ces derniers temps d’une dynamique plus favorableet croit plus que jamais au second tour.

Aucune chance pour les autres candidats ?

Douze candidats, mais seulement cinq vraiment « dans la course » pour accéder au second tour. Les autres sont crédités de moins de 10%. Outre Mélenchon, la gauche se présente comme extrêmement divisée avec les candidatures de Yannick Jadot (écologiste), Anne Hidalgo (Parti socialiste), Fabien Roussel (Parti communiste), Nathalie Arthaud et Philippe Poutou (extrême gauche).

Une tendance particulièrement médiocre pour le Parti socialiste, qui peine à exister dans cette campagne, après la lourde débâcle de 2017. La maire de Paris flirte avec les 2% d’intentions de vote, soit pas mieux que les outsiders habituels de l’élection française.

L’intérêt des Français pour l’élection présidentielle remonte légèrement (+2 point) d’une semaine sur l’autre, à 64%.

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