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Covid: pourquoi Israël vaccine plus rapidement que les autres pays

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste au Vif

La campagne de vaccination contre le coronavirus sera lancée ce 5 janvier en Belgique. Si le vaccin est administré dans de nombreux Etats, tous les pays n’avancent pas au même rythme. Israël fait ainsi figure de numéro 1. Comment l’expliquer ?

La vaccination contre le Covid dans l’Union européenne a démarré il y a environ une semaine. Mais nombreux sont ceux qui pointent une certaine lenteur dans le processus, notamment en France et en Belgique.

Un million de doses en moins de deux semaines

D’autres pays ont en revanche pris une longueur d’avance sur la vaccination. Le Royaume-Uni, qui commence à inoculer ce lundi le vaccin AstraZeneca/Oxford, a déjà administré plus de 900.000 doses du vaccin Pfizer/BioNTech. Mais le numéro 1 mondial de la vaccination anti-Covid est sans nul doute Israël.

Plus d’un million de personnes y ont déjà reçu une dose du vaccin Pfizer/BioNTech en moins de deux semaines. Cela représente plus de 10% de la population. Plus de 40% des personnes de plus de 60 ans ont ainsi déjà reçu une première injection. La deuxième dose du vaccin Pfizer sera inoculée prochainement.

Le directeur général du ministère de la Santé, Hezi Levi, a affirmé qu’environ un cinquième des neuf millions d’habitants d’Israël auraient reçu leur double injection « d’ici fin janvier ». Cet objectif apparait toutefois moins ambitieux que celui évoqué le 26 décembre par le Premier minsitre Benjamin Netanyahu, selon qui un quart de la population (2,25 millions) devait être immunisé en un mois.

Troisième confinement

L’Etat hébreu va néanmoins réduire le rythme de cette campagne pour gérer les stocks de vaccins et assurer l’injection à trois semaines d’intervalles des deux doses distinctes auprès de la population concernée.

En attendant, confronté à une reprise du nombre d’infections, il a décrété le 27 décembre un nouveau confinement quasi généralisé d’au moins deux semaines. Plus de 435.800 personnes ont été contaminées par le virus en Israël, selon le dernier bilan communiqué par le ministre de la Santé dimanche, et 3.400 sont décédées.

Comment expliquer cette rapidité ?

La campagne de vaccination israélienne attire l’attention de la communauté internationale. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette efficacité.

L’organisation participe à la réussite de ce processus. Après être passés à un fonctionnement 24h/24 et 7j/7, les prestataires de soins de santé administrent la première dose du vaccin Pfizer/BioNTech à un rythme de 150.000 personnes par jour, indique The Guardian. La priorité est donnée aux plus de 60 ans, aux travailleurs de la santé, aux soignants et aux personnes à haut risque.

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Les médias locaux ont également fait état d’accords avec Pfizer et Moderna pour l’achat de plusieurs millions de doses supplémentaires pour le début de 2021, ce qui est crucial si le pays veut que le déploiement se poursuive au même rythme. Le pays a semble-t-il commencé les négociations avec les fabricants des vaccins beaucoup plus tôt que d’autres pays. Un contrat aurait par exemple été signé avec Moderna dès juin, bien avant la fin des essais cliniques. Selon la presse locale, les doses auraient été achetées 43 % au-dessus du prix du marché afin qu’Israël soit servi en priorité et à profusion.

Le succès est également attribué à son système de santé, qui est antérieur à la création de l’État et qui est aujourd’hui fortement numérisé. Toute personne de plus de 18 ans est obligée de s’inscrire auprès des agences d’assurance liées au gouvernement, et les médecins de l’armée ont été appelés à l’aide, précise encore The Guardian.

En parallèle, le gouvernement a lancé une campagne vigoureuse contre la désinformation anti-vaccin. Le ministère de la justice a demandé à Facebook de retirer quatre groupes qui publiaient des « contenus destinés à induire en erreur sur les vaccins contre le coronavirus. »

Les citoyens sont également encouragés à se faire vacciner par la perspective d’un « passeport vert », un document qui permettrait aux personnes vaccinées de manger dans des restaurants, de voyager librement et d’être exemptées de quarantaine. Cependant, comme il n’existe aucune preuve que les vaccins réduisent la transmission, l’idée a été accueillie avec scepticisme.

Un enjeu politique pour Netanyahu

La campagne de vaccination nationale a été lancée le 19 décembre à cadence forcée par Benjamin Netanyahu. Les élections législatives de mars prochain lui donnent une motivation supplémentaire pour ramener en Israël une certaine forme de normalité au plus vite, et pouvoir en revendiquer le mérite.

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C’est pourquoi le Premier ministre a reçu en direct à la télévision sa première injection. Il tient aussi à souligner son implication personnelle. Au début de ce mois, après que Pfizer ait publié des résultats préliminaires positifs, le Premier ministre avait notamment déclaré qu’il avait travaillé « 24 heures sur 24 » pour conclure un accord, notamment en téléphonant au PDG de la société à 2 heures du matin.

Selon le programme exposé initialement, le gouvernement israélien espérait une sortie de crise début mars, juste avant les nouvelles élections législatives le 23 mars. Le Premier ministre a promis aux Israéliens que le pays sera le premier à sortir de la pandémie s’ils coopèrent.

Et les Palestiniens ?

Les millions de Palestiniens vivant sous contrôle israélien en Cisjordanie et à Gaza ne sont pas inclus dans la campagne de vaccination, ce qui conduit à des accusations selon lesquelles le pays se soustrait à ses obligations morales, humanitaires et juridiques.

Alors que les israéliens vivant au plus profond de la Cisjordanie sont déjà vaccinés, les Palestiniens qui les entourent pourraient devoir attendre des mois. Les responsables palestiniens espèrent obtenir quelques vaccins grâce à un partenariat dirigé par l’OMS, mais ils pourraient ne pas être distribué avant mi-2021. Les responsables israéliens ont suggéré qu’ils pourraient fournir des vaccins excédentaires aux Palestiniens, et l’Autorité palestinienne n’a pas formulé de demande d’aide officielle. Cela néanmoins pourrait affecter la capacité d’Israël à sortir de la pandémie.

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