Aéroport de Johannesbourg © Belgaimages

Covid: le variant Omicron détecté dans plusieurs pays d’Europe

Le Vif

Les premiers cas positifs au nouveau variant du coronavirus Omicron se sont multipliés en Europe, où l’inquiétude pousse à des restrictions de voyages tandis que le monde continue d’isoler l’Afrique australe.

Après la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, la République tchèque a annoncé un premier cas sur une patiente Covid-19 hospitalisée avec de légers symptômes à Liberec (nord). Elle était vaccinée et s’était rendue en Namibie, avant de regagner la République tchèque via l’Afrique du Sud et Dubaï, selon le chef du gouvernement.

A Amsterdam, une soixantaine de passagers, débarqués vendredi de Johannesburg et du Cap, étaient toujours en quarantaine près de l’aéroport. « Le variant Omicron a probablement été trouvé parmi les personnes testées », a indiqué l’Institut national de santé publique (RIVM), en attendant des résultats définitifs prévus dimanche.

Restrictions

Premier à suspendre les vols depuis l’Afrique du Sud, le gouvernement britannique a annoncé un durcissement des règles d’entrée pour les arrivants de toutes provenances: test PCR et isolement obligatoires jusqu’au résultat, parallèlement au retour du masque obligatoire dans tous les commerces.

La Suisse a également annoncé que les personnes en provenance des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de République tchèque, d’Egypte et du Malawi devaient présenter, à l’embarquement et à l’entrée en Suisse, un test Covid négatif et se placer 10 jours en quarantaine. C’était déjà le cas depuis vendredi soir pour les personnes en provenance de plusieurs pays d’Afrique australe, de Belgique, d’Israël et de Hong Kong. Toute personne « contact » d’une autre, testée positive au nouveau variant devra être isolée même si elle est vaccinée, a pour sa part annoncé samedi soir le ministère français de la Santé.

Risque « élevé à très élevé » pour l’Europe

Plus tôt samedi, le ministère britannique de la Santé avait annoncé avoir identifié « deux cas de Covid-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.529 », précisant que ces « deux cas britanniques du variant Omicron » étaient liés et avaient été identifiés après « un voyage en Afrique australe », où Omicron a été la première fois identifié cette semaine.

Les annonces se sont enchaînées: deux cas confirmés en Allemagne chez des voyageurs arrivés d’Afrique du Sud à l’aéroport de Munich (sud), un autre suspecté chez un voyageur arrivé à l’aéroport de Francfort (centre de l’Allemagne), un premier cas en Italie chez un homme de la région de Naples (sud) revenu du Mozambique… La veille et l’avant-veille, des cas avaient été signalés à Hong Kong, en Israël sur une personne revenue du Malawi et au Botswana, ainsi que sur une vingtaine de personnes en Afrique du Sud, pays avancé scientifiquement et premier à donner l’alerte.

Le nouveau variant a été classé comme « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a toutefois déconseillé les restrictions sur les voyages et qui estime qu’il faudra « plusieurs semaines » pour comprendre la virulence du nouveau variant. Depuis fin 2019, le Covid-19 a fait au moins 5,18 millions de morts dans le monde, selon un décompte de l’AFP.

L’agence de santé de l’Union européenne a renforcé l’inquiétude en soulignant que ce nouveau variant B.1.1.529 représentait un risque « élevé à très élevé » pour l’Europe. Selon le groupe d’experts de l’OMS, les données préliminaires sur ce variant suggèrent qu’il présente « un risque accru de réinfection » comparé aux autres variants, dont le Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

Washington salue la « transparence » sud-africaine

Sur tous les continents, des pays se sont fermés à l’Afrique australe, et notamment son principal hub aérien de Johannesburg où c’était la foire d’empoigne vendredi et samedi pour attraper un vol de retour. Les restrictions de voyage, outre l’Afrique du Sud, concernent le Botswana, le Zimbabwe, la Namibie, le Lesotho, l’Eswatini, le Mozambique et dans certains cas le Malawi.

L’Afrique du Sud est « punie » pour avoir détecté le variant Omicron, a dénoncé samedi le gouvernement de Pretoria, dénonçant un phénomène de « panique » et des mesures « draconiennes » injustifiées. « Certains dirigeants cherchent des boucs émissaires pour résoudre un problème qui est mondial », a dénoncé vendredi le ministre sud-africain de la Santé Joe Phaahla, dont le pays tire d’importants revenus du tourisme.

Washington a toutefois salué samedi soir « le gouvernement sud-africain pour sa transparence dans le partage de ces informations, qui devraient servir de modèle pour le monde », ce qui rappelle en creux les accusations américaines à l’encontre de Pékin dans la gestion initiale du coronavirus. Dans le sillage de plusieurs pays européens, les Etats-Unis ont eux aussi interdit l’entrée aux voyageurs venant d’Afrique australe, hormis les ressortissants américains et les résidents permanents.

Le Canada, le Brésil et plusieurs pays arabes dont l’Arabie saoudite ont également adopté des interdictions. En Asie, des restrictions s’appliquent également au Japon, en Corée du Sud, et bientôt en Thaïlande.

Près de 54% de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, mais seulement 5,6% dans les pays à faible revenu, selon le site Our World in Data. En Afrique du Sud, pays le plus touché du continent, seuls 23,8% des habitants sont complètement vaccinés.

Deux passagers en provenance d’Afrique australe contaminés en Australie

Les autorités sanitaires australiennes ont annoncé dimanche avoir détecté la présence du variant du coronavirus Omicron chez deux passagers en provenance d’Afrique australe qui ont atterri à Sydney. L’autorité sanitaire de l’État de Nouvelle-Galles du Sud, dans l’est du pays, a déclaré avoir effectué des tests d’urgence qui ont confirmé la présence de cette nouvelle souche chez deux passagers arrivés samedi à Sydney.

Les deux passagers ont voyagé sur un vol de Qatar Airways via Doha, a indiqué la NSW Health dans un communiqué. Ils ont été testés positifs au Covid-19 peu de temps après leur arrivée, ce qui a conduit à une analyse plus poussée pour établir s’ils étaient porteurs du nouveau variant du coronavirus, Omicron, détecté pour la première fois en Afrique du Sud. « Les deux cas positifs, qui étaient asymptomatiques, sont à l’isolement dans des chambres spécifiques. Les deux personnes sont entièrement vaccinées », a déclaré la NSW Health.

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