Le satellite "SPS-Alpha". © DR

Bientôt des centrales solaires dans l’espace ?

Bastien Pechon
Bastien Pechon Journaliste

Plusieurs agences spatiales planchent sur une centrale solaire en apesanteur. En orbite autour de la Terre, elle capterait la lumière du soleil 24h/24 grâce à d’immenses panneaux photovoltaïques. Mais encore faut-il envoyer cette électricité au sol.

 » Il y a deux technologies qui permettent de renvoyer l’énergie sur terre : soit par laser soit par micro-ondes « , explique Lionel Jacques, doctorant et ingénieur au centre spatial de Liège.

Il a étudié ces projets de stations solaires durant un stage d’un an au sein de l’agence spatiale européenne (ESA), entre 2011 et 2012. Un laser identique à celui détruit par James Bond dans Les Diamants sont éternels ? Pas vraiment. Le rayon est beaucoup trop faible.  » Il ne passe pas à travers les nuages ou en tout cas plus difficilement que les micro-ondes « , précise le chercheur. L’énergie est ensuite captée au sol par une grande antenne composée de panneaux conçus pour transformer ces rayons.

Le satellite peut aussi utiliser des ondes assez similaires à celle de votre micro-ondes.  » C’est dans la même gamme « , poursuit Lionel Jacques. Sont-elles suffisamment puissantes pour tuer des oiseaux ou provoquer le crash d’un avion ?  » Les antennes au sol sont relativement larges pour limiter la densité de puissance et éviter ce genre de problèmes « , répond l’ingénieur.

Bien que les Européens se soient aussi penchés sur ce défi, les Japonais, les Chinois et les Américains semblent plus avancés. Le Japon planche sur cette technologie depuis les années 1980. En mars 2015, des chercheurs y ont réussi à transmettre dans les airs un courant électrique d’une puissance de 1,8 kilowatt sur une distance de 55 mètres grâce aux micro-ondes. Les Américains y pensent aussi depuis la fin des années 1960. En 2012, le chercheur John C. Mankins a imaginé une centrale solaire pour le compte de la Nasa. Il a développé le concept  » SPS-Alpha « , un satellite ressemblant à un immense entonnoir captant et transmettant l’énergie solaire à la terre grâce à des micro-ondes.

Les militaires s’intéressent aussi à cette technologie. Les chercheurs de l’US Naval Research Laboratory, un laboratoire de la Navy, ont réalisé plusieurs prototypes testés en laboratoire. Quant à la Chine, elle aimerait lancer une station expérimentale à l’horizon 2030 et une centrale commercialement viable vers 2050.

Mais le coût de telles infrastructures maintient ces projets au sol.  » Le coût d’un satellite de télécommunications est d’environ 10 000 dollars par kilo « , précisait, en 2014, John C. Mankins à Arte. Voire plus. Installer ces immenses stations solaires dans l’espace n’est pas encore rentable. Mais les entreprises privées pourraient résoudre ce problème. En testant des fusées réutilisables, des entreprises comme SpaceX pourraient diminuer progressivement les coûts des lancements vers l’espace. Et ainsi espérer cultiver l’énergie là où la lumière est éternelle.

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