Herbert Kickl © REUTERS

Autriche: une « unité de protection des frontières » pour faire face aux migrants

Le Vif

Le nouveau ministre de l’Intérieur autrichien (FPÖ, extrême droite), Herbert Kickl, a annoncé la création d’une « unité de protection des frontières » pour faire face à un afflux de migrants similaire à celui de 2015.

« Il n’est pas question de permettre une répétition de 2015. J’ai donc donné des instructions pour la création d’une unité de protection des frontières« , affirme Herbert Kickel, 49 ans, dans un entretien au quotidien Tiroler Tageszeitung. Des centaines de milliers de personnes sont passés par l’Autriche en cherchant à se rendre en Allemagne ou ailleurs en Europe lors de la crise des migrants en 2015. Cette année-là, l’Autriche a enregistré un nombre record de demandes d’asile.

Ne pas « laisser passer les gens »

« L’objectif est d’assurer une gestion ordonnée des frontières en quelques heures », précise l’ancienne plume de Jörg Haider, chef historique du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) mort en 2008. Cette unité pourra être mobilisée pour « sécuriser un passage frontalier et mener des contrôles d’identité. Se contenter de laisser passer les gens ne se reproduira pas », promet-il.

Entré en fonctions mi-décembre, le gouvernement du chancelier conservateur Sebastian Kurz comporte six portefeuilles FPÖ, dont les ministères régaliens de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Le FPÖ souhaite la fin des allocations financières pour les demandeurs d’asile et leur regroupement dans des centres gérés par l’Etat où ils ne bénéficieraient que de nourriture et d’une aide matérielle.

Polémique

La semaine passée, Herbert Kickl avait suscité la polémique en proposant de cantonner les demandeurs d’asile de façon « concentrée » dans des centres dédiés, un terme interprété comme faisant écho aux camps de concentration nazis. Intervenant lors d’une conférence de presse à Vienne, M. Kickl plaidait alors pour la création d’une « infrastructure adaptée qui permettra de cantonner de façon concentrée en un lieu ceux qui ont engagé une procédure de demande d’asile ». Interrogé par des journalistes sur l’emploi du terme « concentré », M. Kickl a assuré n’avoir « en aucun cas eu l’intention de provoquer », proposant comme alternative la périphrase « regrouper des gens en un espace ».

Le propos, tenu par un responsable d’un parti créé par d’anciens nazis, a déclenché une avalanche de réactions.

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