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Au Royaume-Uni, un début de campagne entre polémiques et promesses vagues

Le Vif

La course vers Downing Street est lancée au Royaume-Uni et promet son lot de déclarations choc et de polémiques. Onze candidats sont déjà en lice pour succéder à Boris Johnson à la tête du parti conservateur et in fine au poste de Premier ministre.

Les vidéos de campagne

La secrétaire d’État au Commerce extérieur Penny Mordaunt est sous le feu des critiques après avoir publié une vidéo de candidature grandiloquente dans laquelle se succèdent paysages du Royaume-Uni et figures emblématiques du pays.

Présent dans le clip, le sprinter paralympique Jonnie Peacock a demandé à en être retiré. « Tout sauf du bleu » (la couleur des Tories), a réagi l’athlète. L’ancien sprinteur sud-africain Oscar Pistorius – emprisonné pour avoir tué sa femme – ou encore Jo Cox – députée travailliste assassinée en 2017 – figurent également dans la vidéo, suscitant des réactions indignées.

Comme une pique à sa rivale et surtout à l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak, qui a sorti une vidéo de campagne particulièrement soignée, l’ancien ministre de la Santé Sajid Javid a, lui, recyclé son clip de 2019. « Je n’ai pas de nouvelle vidéo sophistiquée. Donc en voici une que j’ai réalisée par le passé », a-t-il tweeté en publiant son clip de candidature d’il y a trois ans.

Baisses d’impôts massives

La plupart des candidats ont fait de la baisse des impôts leur principal mot d’ordre, au moment où l’inflation étrangle les ménages britanniques. Mais sans détailler aucune stratégie, souligne le parti travailliste qui estime que les onze candidats conservateurs ont en tout promis plus de 200 milliards de livres d’annonces sans expliquer comment ils comptaient les financer.

Pas de « contes de fée »

À contre-courant de la plupart des candidats, l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak s’est montré sceptique sur une baisse massive des impôts. Sans donner plus de détails, il a prévenu se méfier des « contes de fée réconfortants » qui « aggravent la situation pour nos enfants ».

Liz Truss, nouvelle Thatcher ?

Si elle est élue Première ministre, l’actuelle cheffe de la diplomatie Liz Truss a promis de baisser les impôts « dès le premier jour ».

Disant vouloir « réduire la taille de l’État et la charge fiscale », elle a joué ces derniers mois avec la mémoire des Britanniques en posant sur des photos évoquant l’ancienne cheffe du gouvernement, notamment sur la place Rouge à Moscou.

Dossiers embarrassants

La course désormais lancée, des affaires plus ou moins gênantes risquent de sortir pour tenter de nuire aux candidats. 

Le tout nouveau ministre des Finances Nadhim Zahawi estime ainsi qu’on cherche à le « salir » après la révélation dans la presse d’une enquête fiscale. Il a dû expliquer en détails sur Sky News avoir fait une « honnête erreur » en ayant demandé à tort le remboursement – dans le cadre de son allocation parlementaire – des coûts de chauffage des écuries de ses chevaux.

Questions pièges

Dimanche sur Sky News, le président de la commission des Affaires étrangères, Tom Tugendhat, a fait réagir en affirmant que la pire chose qu’il ait faite dans sa vie avait été d’envahir l’Irak.

« Quelle est la pire chose que vous ayez faite ? », l’interroge la journaliste Sophy Ridge. « Eh bien, j’ai envahi un pays une fois », a répondu l’ancien membre de l’armée britannique qui a servi en Irak et en Afghanistan.

La même question avait été posée à l’ancienne Première ministre Theresa May qui avait avoué en 2017 que sa pire bêtise avait été d’avoir traversé un champ de blé, ce qui avait suscité de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux.

Pas Boris

L’ancien ministre de la Santé Jeremy Hunt a tenu à marquer sa différence en soulignant qu’il est « le seul candidat de première ligne qui n’a pas fait partie du gouvernement de Boris Johnson« , a affirmé l’ancien ministre de la Santé Jeremy Hunt.

« J’ai dénoncé ce qui n’allait pas bien avant tous les autres grands prétendants et je n’ai pas défendu l’indéfendable », s’est-il vanté.

L’inconnu

Tout juste arrivé au gouvernement comme secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, Rehman Chishti a annoncé sa candidature à la tête des Tories mais est encore un parfait inconnu. Son clip de campagne, réalisé avec un smartphone avec le vent en bruit de fond, se termine abruptement alors qu’il est encore en train de parler.

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