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Prix de l’énergie : trois solutions pour réduire la facture de «1.000 euros par ménage»

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

Les prix de l’énergie atteignent des sommets historiques. Alexander De Croo a prévenu que les cinq à dix hivers prochains seront difficiles. L’heure est à trouver des solutions structurelles pour contrer l’impact de cette flambée sur le citoyen. Chacun y va de sa proposition.

Les records de prix de l’énergie sont battus les uns après les autres. Selon le Premier ministre Alexander De Croo, la fin de cette flambée n’est pas encore pour tout de suite. Pour le PDG du Voka, la fédération des entreprises flamandes, de plus en plus de sociétés arrêtent leur production parce qu’elles ne peuvent pas travailler de manière rentable.

Le prix du mégawattheure de gaz a brièvement culminé à 290 euros, et celui de l’électricité a dépassé les 600 euros. Des records que personne n’aurait cru possibles. Un mégawattheure de gaz coûtait dix fois moins cher il y a un an.

Il n’y a pas de perspective immédiate d’amélioration. « Malheureusement, il ne faut pas s’attendre à des miracles », confiait au Vif l’économiste Bertrand Candelon. Les prix du gaz ont plus que doublé depuis… début juillet. Le Premier ministre Alexander De Croo ne cache pas son pessimisme. Il prévient que la crise énergétique fera rage pendant les cinq à dix prochains hivers. « Nous devons être clairs: les prochains mois seront difficiles, les prochains hivers seront difficiles. Il faudra s’en sortir. Espérer le meilleur tout en se préparant au pire. Et si la situation s’avère finalement meilleure que prévu, cela aura quand même été bénéfique de s’être préparés ».

L’évaluation réalisée par le Premier est encore plus sombre que celle des marchés, qui s’attendent à ce que les prix de l’énergie tombent à des niveaux moins astronomiques dans quelques années. Pour Alexander De Croo, la Belgique peut faire face à la crise, « si nous nous soutenons mutuellement dans ces temps difficiles. On peut le faire, avec la confiance en soi et la force de décision qui y sont nécessaires ».

« Les ménages ayant une consommation moyenne dépenseront parfois 6.500 euros de plus chaque année que l’année précédente », s’inquiète Luc Demeyere, directeur du consultant en énergie Enbro, dans le Standaard. « Dans de nombreux cas, les paiements anticipés ne suffiront pas à couvrir la facture finale », craint-il.

Quelles solutions ?

Dès lors, quelles mesures structurelles l’Etat peut-il mettre en place pour amortir le choc ? Le ministre fédéral de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne (PS), a signé hier/lundi l’arrêté royal qui prolonge jusqu’à la fin de l’année le tarif social étendu pour le gaz et l’électricité. « Avec l’indexation automatique, il s’agit de la mesure la plus importante pour compenser la perte de pouvoir d’achat des personnes aux revenus faibles ». Toutefois, « la grande incertitude et les chocs de prix qui s’annoncent nous obligent à faire davantage ». « Le gouvernement devra prendre d’autres mesures ambitieuses pour aider la population pour faire face à cette crise énergétique inédite », a-t-il exhorté.

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Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, en a profité pour réitérer son plaidoyer pro-nucléaire. « Si on sait déjà que les cinq à dix prochains hivers seront difficiles, il est urgent de garder plus que deux réacteurs nucléaires ! Renforcer sa dépendance au gaz relève d’un aveuglement coupable. Le MR remettra le point à l’agenda », s’est-il exprimé sur Twitter.

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« Tous les pays voisins l’ont fait, sauf la Belgique »

L’Europe a mis en place un ensemble de mesures faisant partie d’un « cadre temporaire de crise ». Un package qui comprend la possibilité de faire subventionner par le gouvernement une partie des coûts supplémentaires pour les entreprises. Tous les pays voisins l’ont mis en œuvre entre-temps, mais la Belgique ne l’a pas encore fait. « Cela met en péril la position concurrentielle des entreprises belges », dénonce la Voka.

Ce « cadre de crise temporaire » reste une goutte d’eau dans l’océan tant que les causes de la crise énergétique ne seront pas maîtrisées. Celles-ci vont au-delà du redémarrage chaotique après la crise du Covid ou des jeux géopolitiques de Vladimir Poutine. La sécheresse, par exemple, fait que les réservoirs fournissent moins d’énergie. Conséquence, une pénurie d’électricité et une demande de combustibles fossiles qui augmente encore.

Le prix des droits d’émission de CO2 bat également des records, car on brûle davantage de charbon. Et donc, l’ensemble du mécanisme que l’Europe avait mis au point pour évoluer vers un approvisionnement énergétique durable se retrouve perturbé. « Le marché est régi par la panique », explique Luc Demeyere. « Les traders réagissent très rapidement aux moindres impulsions. Cela ressemble presque à un feu auto-alimenté. Cela fait presque un an que nous espérons que le sommet ait été atteint, mais cet espoir est sans cesse dépassé par les événements. »

Trois actions pour économiser « 1.000 euros par ménage »

Un contexte « de folie » qui suscite de sérieuses inquiétudes pour l’hiver prochain. Même si l’approvisionnement en gaz en Belgique se poursuit, les prix menacent de s’envoler pour atteindre des niveaux inabordables.

Pour Damien Ernst, professeur à l’Uliège et spécialiste de la question énergétique, « un ménage va payer plus de 8500 € par an pour sa facture de gaz et d’électricité », si « rien ne change », dit-il sur Twitter. Les prix de l’énergie continuent leur augmentation. « Plus de 16% d’augmentation pour le gaz qui approche les 300 €/MWh sur les marchés de gros », précise-t-il.

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L’expert avance trois actions qui, selon lui, pourraient faire économiser 1.000 euros à chaque ménage sur la facture d’énergie. « Pour gérer la crise énergétique il faut suspendre le marché ETS (le système d’échange de quotas d’émission de C02 de l’Union européenne, NDLR.), modifier le marché day-ahead comme en Espagne (le day-ahead trading désigne la négociation d’électricité pour le lendemain, NDLR.) et suspendre le mécanisme de certificats verts. » Cela représenterait « plus de mille euros de réduction pour la facture d’électricité et c’est les compagnies qui font du surprofit qui payent », avance Damien Ernst.

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