Europol a saisi 16,6 millions de jouets contrefaits sur le marché européen. Cela représente un manque à gagner d’environ un milliard d’euros pour le secteur. Si les sirènes des prix bas sont irrésistibles, les acheteurs devraient s’en méfier, car la note pourrait être plus salée que prévu.
Europol a saisi 16,6 millions de jouets contrefaits lors de deux opérations d’envergure. Baptisées Ludus IV et Ludus V, elles ont été menées dans 26 pays dont la Belgique, sous l’égide de la France, de l’Espagne et de la Roumanie, et coordonnées par Europol. Le rapport qui en résulte, intitulé Cheating the toy world, montre que les réseaux criminels restent particulièrement actifs et habiles en matière de contrefaçon de jouets.
Au cours de ces opérations, menées en fin d’année, période où les ventes de produits contrefaits augmentent considérablement à l’approche des fêtes, 16,6 millions de jouets ont été saisis. La valeur estimée de ces marchandises s’élève à 36,8 millions d’euros. Quelque 555 personnes ont également été signalées aux autorités judiciaires et sanitaires.
La santé et la sécurité mises à mal
Europol juge particulièrement préoccupant le fait que les jouets contrefaits exposent les enfants et les autres consommateurs à de graves risques pour leur santé et leur sécurité. « Ces jouets contrefaits, qui contreviennent à la réglementation européenne stricte en matière de produits destinés aux enfants, peuvent être à l’origine d’asphyxies, de brûlures, de noyades, de coupures et exposer les enfants à des substances chimiques. (…) Ceci est particulièrement préoccupant pour les jouets contrefaits destinés aux bébés qu’ils mettent en bouche, car ils sont directement exposés à ces substances. »
Acheteurs, vous pouvez risquer gros
L’achat de contrefaçon n’est pas sans risque. Contrairement à la France, qui considère l’achat de contrefaçons comme un délit pénal, la Belgique ne sanctionne pas financièrement les acheteurs. «Selon le Code du droit économique, seule la vente est interdite, précise Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie. Le commerce de contrefaçon est puni de sanctions de niveau 6, c’est-à-dire à maximum 100.000 euros d’amendes à multiplier par décimes additionnels, soit par 8, et à cinq ans de prison.»
Pour autant, cela ne signifie pas que l’acheteur belge ne s’expose à un risque de sanction. Si, lors d’un contrôle à la douane, une marque découvre qu’un article est effectivement contrefait, elle «peut se retourner contre l’acheteur et lui réclamer une certaine somme couvrant les frais de son représentant et de destruction de la marchandise», indique Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances.
Un manque à gagner d’un milliard d’euros
En 2024, 667.200 articles contrefaits ont été saisis par les douanes belges, selon un rapport du SPF Finances. 93,3% d’entre eux proviennent de Chine. «Cela représente une augmentation de 8% pour 2024 par rapport à 2023», note le SPF Finances, qui précise que «ces chiffres ne reflètent pas les quantités réelles de contrefaçons qui entrent en Belgique».
Selon l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), la contrefaçon coûte 16 milliards d’euros par an à l’industrie européenne. Dans le secteur du jouet, la perte est « estimée à environ 8,7% du chiffre d’affaires total, cela correspond à un manque à gagner d’environ un milliard d’euros et à la perte de 3.600 emplois dans le secteur« , indique encore Europol.
(Avec Belga)