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Ces produits oubliés (5/6): le chanvre, ce couteau suisse

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif

Plante très ancienne, elle retrouve une nouvelle jeunesse, notamment dans la bioconstruction.

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Une quarantaine d’hectares cultivés l’an dernier: on ne peut pas dire que le chanvre envahisse la Wallonie! «Cette culture se relance après avoir été presque arrêtée à la suite de plusieurs fermetures et faillites dans le secteur», précise-t-on chez Biowallonie. Ces échecs successifs avaient entraîné le désintérêt des cultivateurs pour la plante. Parmi le grand public, pourtant, le chanvre commence à imprégner les esprits. En rouleaux ou panneaux, il assure en effet une très bonne isolation thermique et acoustique. Et il existe également des blocs de béton-chanvre qui s’assemblent pour la construction de murs entiers ou pour isoler toitures et plafonds.

Ce n’est là qu’un de ses usages. Car cette plante, l’une des premières domestiquées par l’homme dès le néolithique, est un vrai couteau suisse. A la fin du XVIIIe siècle, sa culture était très présente en Belgique. Avec l’arrivée des fibres synthétiques et les importations massives de coton, plus rentable, le chanvre a peu à peu été délaissé. Il n’a pourtant besoin ni d’herbicides, ni de pesticides, ni d’insecticides, pratiquement pas d’intrants, et il se satisfait de peu d’eau. Mais on s’est méfié du chanvre et de ses propriétés psychotropes. Aujourd’hui, s’il contient moins de 0,2% de THC (tetrahydrocannabinol), la substance psychoactive du cannabis, sa culture est autorisée. Et régulièrement contrôlée. Le cannabis récréatif contient, lui, entre 5% et 20% de THC.

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Les graines de chanvre, appelées «chènevis», riches en protéines et fibres alimentaires, sont excellentes pour la santé. On les mange telles quelles – voire enrobées de chocolat! – ou en farine. Pressées, elles donnent une huile riche en oméga-3 et 6, avec un petit goût de noisette, à utiliser pour les salades. Elle ne peut toutefois pas être chauffée à plus de 160°C. Cette huile est également intéressante dans les produits cosmétiques, car riche en acides gras essentiels, utiles pour lutter contre le vieillissement de la peau. On trouve du chanvre dans des baumes pour les lèvres, des crèmes et des savons.

Hors Belgique, les fibres de chanvre sont aussi utilisées pour la fabrication de papier, du billet de banque aux journaux en passant par le papier à cigarette et les mouchoirs. Elles servent à la confection de vêtements et de cordages. Et même à de la litière pour animaux. Enfin, le chanvre stocke une quantité impressionnante de CO2, ce qui le rend écologiquement très intéressant.

La fibre belge

Valbiom, asbl qui soutient la production durable de biomasse et sa transformation en énergies et matériaux, mène actuellement un projet pilote sur quatre hectares en Wallonie. Objectif: parvenir à fabriquer de la fibre textile de chanvre par processus industriel. S’il aboutit, il viendra compléter la filière belge du lin, qui présente des similitudes avec celle du chanvre. «La demande des tisserands et des filatures est là, assure Valentine Donck, cheffe de projet. Nous avançons à petits pas mais nous avons toutes les raisons d’y croire.»

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